- Une étude menée dans 21 pays associe les céréales ultra-transformées à un risque accru de maladies inflammatoires de l'intestin.
- Les plus gros consommateurs présentent un risque nettement plus élevé de développer ces pathologies.
- A l'inverse, le pain frais et le riz semblent associés à un risque plus faible.
Elles sont à la base de nombreux aliments industriels comme les biscuits, les pains de mie, les céréales du petit déjeuner ou encore les snacks salés. Selon une vaste étude internationale, consommer tous les jours des céréales ultra-transformées pourrait bien augmenter le risque de développer une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI), comme la maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique. Ce type d’affection chronique touche de plus en plus de personnes dans le monde, dont quelque 300.000 en France.
MICI et céréales transformées : un risque multiplié par 4
Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans l'American Journal of Gastroenterology, les chercheurs de l'Université McMaster, au Canada, ont analysé les données de l'étude Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE), qui a suivi près de 125.000 participants issus de 21 pays. Les scientifiques ont évalué leur alimentation à l’aide de questionnaires, et notamment leur consommation de céréales ultra-transformées, répartie en trois niveaux selon les quantités consommées chaque jour.
Résultat, selon un communiqué : les personnes consommant au moins 19 grammes de céréales ultra-transformées par jour avaient un risque significativement plus élevé de développer une MICI que celles en consommant moins de 9 grammes quotidiennement. Après prise en compte de différents facteurs susceptibles d'influencer les résultats, le risque était multiplié par 1,86. La recherche révèle également que les personnes qui mangent au moins cinq portions quotidiennes d'aliments ultra-transformés avaient un risque près de quatre fois plus élevé de développer la pathologie que celles qui en consommaient moins d'une portion par jour.
Ce n’est pas la première fois que les produits ultra-transformés sont accusés de faire le lit des maladies intestinales, entre autres pathologies chroniques. Le British Medical Journal rapportait déjà, il y a quelques années, qu'une seule portion quotidienne d'aliment ultra-transformé pouvait majorer de 67 % le risque de MICI, un chiffre qui grimpe à 82 % si on en mange cinq fois par jour.
Pain frais, riz, fruits et légumes
A l'inverse, selon l’étude PURE, la consommation de pain frais et de riz – des céréales non-transformées – était associée à un risque plus faible de développer une MICI. C’est aussi la conclusion d’une étude de 2023, basée sur plus de 400.000 personnes, qui montre que le risque d'apparition de la maladie de Crohn est diminué de plus de 40 % en cas de consommation d'aliments non ou peu transformés, et d'autant plus lorsqu’ils sont associés à des fruits et de légumes.
"En identifiant des facteurs alimentaires spécifiques, tels que les céréales ultra-transformées, qui contribuent au développement des MICI, cette recherche fournit une base pour élaborer des recommandations nutritionnelles plus ciblées et des initiatives de santé publique visant à réduire le poids de ces pathologies dans le monde."
Les auteurs précisent que si l’étude ne démontre pas un lien de cause à effet, elle vient relancer l’inquiétude sur la place croissante des aliments ultra-transformés dans nos assiettes. Pour rappel, ils représentent 35 % des apports caloriques des Français, et jusqu’à 60 % aux États-Unis, selon l’Inserm.



