• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Ophtalmologie

Pénurie de collyre : comment faire face en cas de besoin ?

Après les antibiotiques ou certains traitements chroniques, les difficultés d’approvisionnement touchent désormais plusieurs collyres. Face à ces ruptures, quelles solutions existent ? On fait le point.

Pénurie de collyre : comment faire face en cas de besoin ? eternalcreative/iStock




L'ESSENTIEL
  • Plusieurs collyres, des médicaments administrés dans les yeux sous forme de gouttes, sont en tension d’approvisionnement.
  • Les professionnels de santé sont invités à ne prescrire des collyres concernés que lorsqu’ils sont nécessaires et non reportables.
  • Quand c’est possible, il faut privilégier des alternatives thérapeutiques et éviter les prescriptions ou délivrances en quantité supérieure aux besoins réels.

Sécheresse oculaire, irritations, conjonctivite, allergies, glaucome… Face à ces symptômes ou maladies, le recours aux collyres est conseillé. Ces médicaments administrés dans les yeux sous forme de gouttes peuvent aussi être utilisés pour dilater la pupille avant un examen ophtalmologique et un fond d'œil ou pour anesthésier l’œil avant un traitement (une chirurgie de la cataracte par exemple).

Des tensions d’approvisionnement touchent les collyres unidoses

Problème : certains collyres sont actuellement introuvables en pharmacie. En cause ? Des tensions d’approvisionnement, pour des raisons variées, depuis plusieurs mois, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ces dernières concernent principalement les collyres unidoses, "dans un contexte déjà fragile à l’international pour certains médicaments ophtalmologiques. Ces tensions sont aujourd’hui accentuées par les difficultés rencontrées sur le site de production français d’Excelvision."

Dans la liste des collyres concernés, on retrouve : le Fluoresceine Faure 0,5 %, collyre en solution en récipient unidose (fluorescéine) ; le Mydriaticum 2 mg/0,4 mL, collyre en récipient unidose (tropicamide) ; la Néosynéphrine 2,5 % Faure, collyre en solution en récipient unidose (phényléphrine) ; la Néosynéphrine 10 % Faure, collyre en solution en récipient unidose (phényléphrine) ; le Voltarenophta 0,1 pour cent (0,3 mg/0,3 ml), collyre en solution en récipient unidose et le Voltarenophtabak 1 mg/ml, collyre en solution (diclofénac) ; le Verkazia 1 mg/mL collyre en émulsion (ciclosporine) ; le Chlorhydrate d'oxybuprocaïne Thea 1,6 mg/0,4 ml, collyre en récipient unidose (oxybuprocaïne) ; la Tétracaïne 1% Théa, collyre en solution en récipient unidose ; le Dexocol 1 mg/mL, collyre en solution (dexaméthasone) ; le Chibroxine 0,3 %, collyre en solution (Norfloxacine).

Adapter les prescriptions et les dispensations aux besoins des patients

Afin d’atténuer l’impact de ces tensions d’approvisionnement, l’ANSM travaille avec les laboratoires concernés à la normalisation de la situation, qui passe notamment par des importations. En parallèle, l’agence demande aux professionnels de santé de s’adapter, dès lors que cela est possible, les prescriptions et les dispensations aux besoins des patients, afin de préserver les stocks disponibles. Plus précisément, il leur est demandé de ne recourir aux collyres que dans les situations où leur utilisation est indispensable et ne peut être reportée. Autre recommandation : privilégier les alternatives disponibles. Il est fortement déconseillé aux patients de faire des réserves.

Que faire si votre collyre est introuvable ?

La première règle est simple : ne jamais remplacer un collyre par un autre de sa propre initiative. Deux collyres peuvent sembler similaires alors qu'ils n'ont ni la même composition ni les mêmes indications. Certains contiennent des antibiotiques, d'autres des corticoïdes ou des anti-inflammatoires dont l'utilisation inappropriée peut retarder un diagnostic ou aggraver une infection. En cas d'indisponibilité, il convient de demander à son pharmacien s'il existe une présentation équivalente (multidose au lieu d'unidose, par exemple), de contacter le prescripteur afin de savoir si une alternative thérapeutique est possible et de respecter les nouvelles modalités de traitement si un médicament de substitution est proposé.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

LES MALADIES