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Longévité

Vivre plus longtemps : bonne nouvelle ou illusion ?

Une étude révèle que l’espérance de vie augmente, mais aussi que les années vécues en mauvaise santé sont plus nombreuses.

Vivre plus longtemps : bonne nouvelle ou illusion ? Lordn/iStock




L'ESSENTIEL
  • À l'échelle mondiale, les personnes vivent plus longtemps que jamais, mais elles passent une plus grande partie de ces années supplémentaires en mauvaise santé (avec un écart de morbidité passant de 8,8 ans en 1990 à 10,7 ans en 2023).
  • L'allongement des années vécues en mauvaise santé est particulièrement marqué dans les pays à revenu élevé et les femmes, vivant plus longtemps que les hommes, passent davantage d'années en mauvaise santé.
  • Les troubles musculosquelettiques, les maladies mentales, la perte d'audition, les chutes et d'autres maladies chroniques expliquent une grande partie des années vécues avec une incapacité.

Et si l'allongement de la vie masquait un recul de notre santé ? C’est ce que met en avant une nouvelle étude publiée dans la revue The Lancet Public Health. Dans le cadre de celle-ci, des chercheurs de l’université de Washington (États-Unis) ont cherché à estimer l'évolution de l'écart de morbidité aux niveaux mondial, régional et national entre 1990 et 2023, en fonction des niveaux de développement sociodémographique et du sexe. De plus, "nous avons analysé les principales maladies et blessures ainsi que les facteurs de risque sous-jacents contribuant aux années vécues en mauvaise santé." Pour mener à bien les travaux, l’équipe a utilisé les estimations de l'espérance de vie et de l'espérance de vie en bonne santé issues de la recherche sur la charge mondiale de morbidité, de traumatismes et de facteurs de risque pour 204 pays et territoires.

Entre 1990 et 2023, l'écart de morbidité est passé de 8,8 ans à 10,7 ans

Les résultats ont montré qu’en l'espace d'une génération, l'écart mondial de morbidité a augmenté de près de deux ans, passant de 8,8 ans en 1990 à 10,7 ans en 2023 dans 203 des 204 pays et territoires. À l’échelle mondiale, les personnes ont passé en moyenne 14,5 % de leur vie en mauvaise santé en 2023, contre 13,6 % en 1990. "Entre 1990 et 2023, et ce quelle que soit la région, les écarts de morbidité selon l’âge se sont creusés tout au long de la vie adulte, au lieu de se concentrer uniquement sur les dernières années de l’existence." Selon les données, les pays affichant une espérance de vie plus élevée présentaient des écarts de morbidité plus importants. En 2023, les États-Unis affichaient l'écart de morbidité national le plus important (14 ans), suivis de l'Australie (13,9 ans) et du Canada (13,7 ans). Quelle que soit la région ou le niveau de développement, les femmes vivaient systématiquement plus longtemps que les hommes, mais passaient également plus d'années en mauvaise santé. En 2023, les femmes présentaient un écart de morbidité moyen de 12,1 ans, contre 9,3 ans pour les hommes.

Vivre longtemps mais en mauvaise santé : quelles sont les causes ?

D’après les auteurs, un nombre restreint de causes chroniques, rarement mortelles, a été à l’origine de la majeure partie de cet écart mondial de morbidité : les troubles musculosquelettiques (en particulier les lombalgies), les troubles mentaux (dépression et anxiété), les affections des organes sensoriels (perte auditive liée à l’âge), les blessures involontaires (chutes) et d’autres maladies non transmissibles ont représenté, à eux seuls, 57,4 % des années vécues en mauvaise santé dans le monde en 2023. Une glycémie à jeun élevée, un indice de masse corporelle (IMC) élevé ainsi que la malnutrition infantile et maternelle ont constitué les principaux facteurs de risque contribuant à l’écart mondial de morbidité.

Mettre davantage l'accent sur la prévention des maladies chroniques

"Nos conclusions suggèrent que les futurs progrès en matière de santé de la population ne dépendront pas seulement de notre capacité à aider les gens à vivre plus longtemps, mais aussi à les aider à vivre en meilleure santé. (…) Il convient d'investir davantage dans la prévention, la prise en charge des maladies de longue durée et les soins aux maladies chroniques afin de réduire le nombre d'années vécues en mauvaise santé", a déclaré Christopher Murray, qui a dirigé l’étude.

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