• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Alopécie

Analogues du GLP-1 : un effet inattendu sur les cheveux ?

L’utilisation de ces médicaments, pris en cas de diabète et d’obésité, est liée à un risque élevé de perte de cheveux.

Analogues du GLP-1 : un effet inattendu sur les cheveux ? sasirin pamai /iStock




L'ESSENTIEL
  • Les analogues du GLP-1 sont associés à une augmentation du risque de chute de cheveux chez les personnes diabétiques.
  • Les chercheurs ont surtout identifié une alopécie non cicatricielle, c’est-à-dire que les follicules restent présents, une repousse est ainsi possible.
  • Le mécanisme exact n’est pas encore prouvé, mais plusieurs hypothèses existent : perte de poids rapide, réduction des apports alimentaires, carences possibles (fer/zinc) ou changements hormonaux liés à la perte de poids.

Prescrits chez les personnes diabétiques ou obèses, les analogues du GLP-1 favorisent la perte de poids, mais font également tomber les cheveux, selon une nouvelle étude. Afin de parvenir à cette conclusion, des chercheurs l’université de Pennsylvanie (États-Unis) ont utilisé les données électroniques des patients du système de santé de l’établissement afin de comparer les taux d'alopécie chez des adultes atteints de diabète de type 2 ayant commencé à utiliser des analogues du GLP-1 ou d'autres types de médicaments antidiabétiques, à savoir les inhibiteurs du SGLT-2 ou les inhibiteurs de la DPP-4. Ces derniers agissent sur des mécanismes différents pour aider à faire baisser la glycémie.

Alopécie : 68 % de risque en plus chez les utilisateurs des analogues du GLP-1

Au total, 12.004 adultes ayant recours au sémaglutide et au tirzépatide ont été comparés à 15.221 personnes utilisant des inhibiteurs du SGLT-2. En outre, 11.964 utilisateurs de GLP-1 ont été comparés à 11.233 participants prenant des inhibiteurs de la DPP-4, sur la période allant de janvier 2019 à septembre 2024. Selon les données, les utilisateurs d’analogues du GLP-1 étaient plus jeunes (âge moyen de 58 ans contre 65 ans), présentaient un indice de masse corporelle plus élevé (36,2 contre 32,3) et affichaient des taux plus faibles de maladies cardiovasculaires et rénales chroniques.

Après avoir pris en compte plusieurs facteurs, comme l'âge, le sexe, l'origine ethnique, les affections préexistantes, les scientifiques ont constaté que l'utilisation de sémaglutide et de tirzépatide était associée à un risque d'alopécie supérieur de 37 % à celui observé avec les inhibiteurs du SGLT-2 et supérieur de 68 % à celui observé avec les inhibiteurs de la DPP-4. Selon les analyses complémentaires, publiées dans la revue The BMJ, ce lien concernait spécifiquement l'alopécie non cicatricielle (à savoir quand les follicules pileux restent intacts, laissant une possibilité de repousse), avec une hausse du risque de 53 % et de 72 % par rapport aux inhibiteurs du SGLT-2 et aux inhibiteurs de la DPP-4.

La perte de poids rapide, un facteur responsable de la chute de cheveux

D’après les auteurs, une perte de poids rapide est un facteur déclenchant "bien connu" de la chute des cheveux et peut également entraîner des carences en fer ou en zinc, perturbant donc le cycle de croissance pilaire. "Des modifications hormonales pourraient également jouer un rôle bien que des études supplémentaires soient nécessaires pour élucider les mécanismes sous-jacents. (…) Nos résultats viennent étayer des signaux de sécurité précédemment rapportés de manière anecdotique et apportent des preuves plus systématiques pour sensibiliser les cliniciens à cet effet indésirable potentiel", ont-ils précisé.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES