- Chez plus de 229.000 adultes obèses sans diabète, l’usage d’analogues du GLP-1 est lié à une réduction d’environ 41 % du risque global de cancers liés à l’obésité, par rapport aux personnes suivies uniquement par régime et activité physique.
- La réduction la plus importante a été observée chez les patients utilisant du tirzépatide.
- Chez les hommes, le risque a baissé de près de 70 %.
Moins de kilos, moins de risque de cancers. C’est ce que met en avant une étude publiée dans la revue Annals of Oncology. Dans le cadre de celle-ci, une équipe internationale de chercheurs ont voulu examiner l'association entre les risques de cancers associés à l'obésité et les analogues du GLP-1, initialement développés pour traiter le diabète puis indiqués pour les personnes ayant un IMC élevé (de 30 ou plus), chez les adultes non diabétiques en situation d’obésité.
13 cancers liés à l’obésité
En effet, aucune recherche ne s’est penchée sur le sujet pour cette catégorie de personnes. "Nous disposions déjà de données suggérant que ces médicaments pourraient réduire le risque de cancer chez les patients diabétiques, mais la plupart des personnes qui prennent actuellement des GLP-1 pour perdre du poids ne sont pas diabétiques. Il s'agit de patients obèses plus jeunes, représentant une population totalement différente", a déclaré Aparna Kamat, directrice du service d’oncologie gynécologique du Houston Methodist Hospital.
Pour rappel, 13 cancers sont liés à l'obésité. Dans la liste, on retrouve les cancers de l'endomètre, du sein, du côlon, du rein, du pancréas, de la thyroïde, de l'ovaire, de l'œsophage, de l'estomac, du foie et de la vésicule biliaire, ainsi que le myélome multiple et du méningiome. "Ils représentent environ 40 % des cancers diagnostiqués dans les pays à revenu élevé et leur incidence augmente rapidement chez les jeunes adultes."
Cancers liés à l’obésité : 41 % de risque en moins grâce aux analogues du GLP-1
Afin de mener à bien les recherches, les scientifiques ont passé en revue les dossiers médicaux de 229.467 personnes, âgées en moyenne de 47 ans, obèses non diabétiques et sans antécédents de cancer, extraits d'une base de données nationale couvrant 113 millions de patients américains. Entre décembre 2014 et juin 2025, 86.422 participants ont reçu une prescription de sémaglutide (noms commerciaux : Ozempic, Wegovy) et de tirzépatide (noms commerciaux : Mounjaro et Zepbound) et 143.045 ont bénéficié de conseils diététiques et d'activité physique. Les volontaires ont été suivis jusqu'au diagnostic d'un cancer, au décès, à la perte de vue ou pendant deux ans après la première prescription de ces médicaments ou la première consultation diététique et d'activité physique.
L’étude a montré qu’après un suivi moyen de deux ans, l’utilisation des analogues du GLP-1 était liée à une incidence significativement plus faible des cancers directement liés à l’excès de poids. Le risque global de cancer a diminué de 41 %. Après avoir examiné les différentes formulations des traitements prescrits, l’équipe a noté que les utilisateurs de tirzépatide présentaient la réduction la plus importante du risque de cancers liés à l’obésité.
Une importante baisse du risque de cancers associés à l’obésité chez les hommes
Les auteurs ont observé des diminutions plus importantes dans certains sous-groupes, notamment chez les hommes, où le risque a chuté de près de 70 %. Parmi les cancers gynécologiques, une baisse de 58 % de l’incidence du cancer de l’endomètre, l’une des tumeurs malignes les plus étroitement liées à l’obésité, a été constatée. "La réduction du risque de cancer lié à l’obésité chez les patients blancs était d’environ 50 %, mais cette réduction n’a pas été observée chez les patients noirs. Cela pourrait s’expliquer par d’autres facteurs, tels que l’accès aux soins, des profils de risque différents et d’autres différences biologiques."
Dans les conclusions, l’équipe précise que ces travaux ne prouvent pas que les analogues du GLP-1 préviennent directement le cancer. Cependant, "ils constituent un premier indice qui justifie des études complémentaires dans le cadre d'essais cliniques à long terme."




