- Dans le Pays basque espagnol, un programme de dépistage organisé par test immunochimique fécal, tous les deux ans chez les 50–69 ans, a été mis en place en 2009.
- Après cette mesure, la mortalité par cancer colorectal a diminué d’environ 30 % au niveau de la population et d’environ 50 % chez les personnes de 50–69 ans.
- Environ 70 % des cancers détectés par le programme étaient à un stade précoce (stades I ou II), ce qui suggère un "déplacement du stade" vers des formes moins avancées, avec davantage de chances de traitement efficace.
Le cancer colorectal est l'une des principales causes de mortalité par cancer dans le monde. Des programmes de dépistage organisé utilisant le test immunochimique fécal ont été mis en place dans le monde entier pour réduire le lourd tribut humain de cette maladie, selon des chercheurs espagnols. Dans une récente étude, parue dans la revue JAMA Network Open, ces derniers ont voulu examiner l'impact du dépistage sur la mortalité par cancer colorectal. Pour ce faire, l’équipe a inclus tous les résidents du Pays basque (côté espagnol), soit environ 2,2 millions d'habitants, entre 2004 et 2024.
Dépistage du cancer colorectal : "Le Pays basque dispose d'un programme exemplaire"
Dans cette région, le programme de dépistage du cancer colorectal par test immunochimique fécal, ciblant les personnes âgées de 50 à 69 ans, a été lancé en 2009. "Le Pays basque dispose d'un programme exemplaire fondé sur le test immunochimique fécal, caractérisé par un taux de participation élevé (72 % des invitations suivies de la réalisation du test), un taux élevé de coloscopies effectuées après un résultat anormal au test et l'exclusion des personnes inéligibles grâce à des dossiers de santé électroniques centralisés. Parmi les nombreux programmes européens de dépistage du cancer colorectal, les proportions les plus élevées de cancer colorectal détectés par dépistage ont été observées au Pays basque et en Slovénie, où les taux de participation sont élevés dans le cadre de programmes pleinement déployés", ont expliqué les auteurs. Pour les besoins des recherches, des adultes âgés de moins de 50 ans ont été recrutés en tant que groupe de référence non soumis au dépistage. En avril 2026, les scientifiques ont analysé toutes les données.
La mortalité par cancer colorectal a chuté de 50,1 % grâce au dépistage organisé
Selon les chiffres, 438.134 décès toutes causes confondues ont été recensés. Parmi eux, 16.298 étaient attribuables au cancer colorectal. Les résultats montrent que la mortalité par cancer colorectal selon l'âge a diminué, passant de 32,8 à 23,1 décès pour 100.000 habitants entre 2004 et 2024 (soit une baisse de 29,6 %). Chez les personnes âgées de 50 à 69 ans, la mortalité par cancer colorectal a chuté de 50,1 % (passant de 39,7 à 19,8 décès pour 100.000 habitants). L’analyse statistique révèle qu’autour de 2012, l’évolution du phénomène étudié a changé de manière nette. Ce changement survient environ trois ans après l’introduction du programme de dépistage.
Cancer colorectal : environ 70 % des cas détectés par dépistage étaient de stade I ou II
Les travaux ont estimé une réduction relative de 46,2 % de la mortalité par cancer colorectal dans le groupe des 50-69 ans par rapport aux tendances projetées en l'absence de dépistage. Chez les personnes âgées de 70 ans ou plus, la mortalité par cancer colorectal a diminué de 19,6 % (passant de 165,4 à 132,9 décès pour 100 000 habitants), "ce qui correspond à une réduction relative de 45,4 % par rapport aux taux projetés." Au total, 3.464 des 4.892 cas de CCR détectés par dépistage (70,8 %) ont été diagnostiqués au stade I ou II sur l'ensemble de la période d'étude.
Dans les conclusions, l’équipe souligne que ces données confirment les bénéfices à long terme des programmes de dépistage organisé par test immunochimique fécal en tant que stratégie de santé publique visant à réduire la mortalité liée au cancer colorectal.



