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Sérologie

Cytomégalovirus : ce qui change dans la prise en charge des femmes enceintes

Un an après s’être prononcée en faveur d’un dépistage systématique du cytomégalovirus durant la grossesse, la HAS précise les modalités de prise en charge des patientes dont la sérologie est positive.

Cytomégalovirus : ce qui change dans la prise en charge des femmes enceintes SyhinStas/iStock




L'ESSENTIEL
  • La HAS plaide en faveur d’un dépistage systématique du cytomégalovirus pour toutes les femmes enceintes à réévaluer après 3 ans de mise en œuvre.
  • Cette prise de sang doit être réalisée avant de concevoir un enfant ou au début de la grossesse.
  • En cas de résultat évocateur d’une infection récente, une surveillance échographique spécialisée, une discussion autour d’examens complémentaires (comme l’amniocentèse) et, selon le contexte, un traitement antiviral visant à réduire le risque de transmission au fœtus sont recommandés.

En juin 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait recommandé au ministère de la Santé de mettre en place un dépistage systématique du cytomégalovirus (CMV) chez les femmes enceintes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif. Pour rappel, ce virus, avec lequel près de la moitié de la population a déjà été en contact, est généralement sans gravité chez les adultes en bonne santé. En revanche, lorsqu'une femme contracte ce virus, transmis par contact avec les liquides biologiques (urine, salive, larmes…) notamment des jeunes enfants, dans les semaines qui précèdent sa grossesse ou au début de celle-ci, il existe un risque de séquelles, en particulier auditives et neurologiques, pour le bébé à naître. Pour prévenir ces conséquences, le seul moyen est de dépister le cytomégalovirus, qui peut passer inaperçu, par le biais uniquement d’une prise de sang. "Aucun test biologique ne peut mettre en évidence les réinfections. La HAS a recommandé que le dépistage systématique du CMV s’inscrive dans un cadre expérimental, avec réévaluation à 3 ans."

Grossesse : à quel moment prescrire une sérologie CMV ?

Selon les recommandations, une sérologie permettant de rechercher les anticorps dirigés contre le CMV (immunoglobulines (Ig) G et M) doit être réalisée en cas de dépistage antérieur négatif ou s’il n’a jamais été réalisé. Dans le cas d’un projet de grossesse, la prise de sang est à faire avant de concevoir un enfant, y compris dans le cadre d’un parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Si le résultat est négatif, cela signifie que la patiente n’a jamais été exposée au virus. Dans ce cas, il est préconisé de renouveler le dépistage dès le début de la grossesse puis toutes les 4 semaines, pendant le premier trimestre, idéalement dans le même laboratoire quand cela est possible. Si le résultat est positif, indiquant que la patiente a déjà été infectée par le virus par le passé, aucun suivi supplémentaire n’est recommandé pendant la grossesse. "Dans le cadre d’un projet de grossesse, si la sérologie semble indiquer une infection récente, une deuxième prise de sang est nécessaire pour confirmer le résultat et le cas échéant, le projet de grossesse doit être reporté de deux mois."

Primo-infection à CMV avant ou au début de la grossesse : quelle prise en charge ?

Saisie par le ministère de la Santé, l’autorité sanitaire a récemment spécifié les modalités de prise en charge des patientes dont la sérologie est positive. En cas d'une primo-infection à CMV ayant eu lieu dans les deux mois avant la grossesse ou lors du premier trimestre, une consultation dédiée est nécessaire afin d’aborder la prise en charge appropriée et la possibilité de débuter un traitement antiviral rapidement. "La HAS recommande au professionnel de santé chargé du suivi de la grossesse de se mettre en lien avec une équipe ayant une expertise de cette infection." Après l’échange partagé entre la femme enceinte et le médecin, un traitement antiviral par valaciclovir peut être rapidement mis en place pour limiter la transmission du virus de la mère au fœtus et réduire le risque de séquelles. "Les données disponibles ne montrent pas de signal de tératogénicité (c’est-à-dire entraînant une anomalie fœtale) de ce traitement antiviral."

Autre conseil : proposer, le plus tôt possible à partir de 18 semaines d’aménorrhée, aux femmes diagnostiquées primo-infectées une amniocentèse, à savoir un prélèvement du liquide amniotique, afin de rechercher la présence du virus chez le bébé. "Les bénéfices et les risques de cette procédure doivent être clairement présentés à la future mère afin d’éclairer sa décision. En cas de résultat négatif, la HAS recommande d’interrompre le traitement par valaciclovir et de reprendre un suivi obstétrical classique. En cas de résultat positif, la HAS préconise de poursuivre le suivi de grossesse avec les Centres Pluridisciplinaires de Diagnostic Prénatal (CPDPN)."

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