- Une étude montre que la stéatose hépatique peut alimenter la forme la plus agressive du cancer colorectal métastatique.
- Les chercheurs ont découvert le mécanisme moléculaire reliant la maladie du foie gras à la propagation agressive du cancer colorectal.
- Cela pourrait aider à développer de nouveaux traitements.
Près d'un adulte sur trois dans le monde souffre d'une stéatose hépatique, aussi surnommé maladie du foie gras. Face à l’augmentation de l’incidence de l’obésité, du diabète de type 2 et de la malbouffe, le taux de cette pathologie caractérisée par un excès de graisses dans le foie pourrait grimper au-delà de 50 % d’ici 2040, selon certaines projections. Des chiffres inquiétants au vu de son impact sur l’organisme.
En plus d'accroître les risques de fibrose hépatique, de cirrhose, d’insuffisance hépatique et de cancer du foie, la pathologie alimenterait aussi la forme la plus agressive de cancer colorectal métastatique, d'après une nouvelle étude du Vlaams Instituut voor Biotechnologie et du KU Leuven (Belgique).
Les résultats ont été publiés dans la revue Nature, le 1er juillet 2026.
Cancer colorectal : les patients atteints de stéatose hépatique ont un risque accru de métastase grave
En tentant de comprendre pourquoi certains patients atteints d’un cancer colorectal développent des métastases au foie, l’équipe a découvert que les personnes atteintes de stéatose hépatique sont significativement plus susceptibles de développer des métastases au foie très agressives. "Ces travaux démontrent qu’une affection généralement considérée comme un trouble métabolique sous-jacent peut influencer directement l’évolution du cancer", explique la professeure Sarah-Maria Fendt, auteure principale de l’étude, dans un communiqué. "Ils soulignent que la physiologie du patient n’est pas un simple facteur passif, mais un déterminant actif de la progression de la maladie."
Pour la scientifique et ses collègues, ce constat est d’autant plus préoccupant que la prévalence de la stéatose hépatique dans le monde est à la hausse en raison de l'augmentation des taux d'obésité.
Métastase au foie : vers de nouvelles perspectives de traitement
Les travaux ont également mis en lumière les mécanismes moléculaires à l’origine du lien entre maladie du foie gras et la propagation de ses métastases dangereuses. "Dans les foies stéatosiques, l'élévation du taux d'acides gras modifie le métabolisme et le comportement des cellules cancéreuses en stabilisant la protéine MYC, un facteur bien connu de la croissance tumorale. La MYC stabilisée augmente la production de proline, un acide aminé essentiel à la synthèse du collagène. Ce collagène crée un environnement structurel qui permet aux cellules tumorales d'infiltrer et de proliférer dans le foie, donnant lieu à des métastases de remplacement", expliquent les auteurs.
"En termes simples, la stéatose hépatique fournit à la fois le signal et les matériaux nécessaires à la croissance plus agressive des tumeurs, ajoute la Pr Fendt. Elle modifie fondamentalement les règles de développement des métastases."
Si cette découverte est inquiétante, elle est aussi porteuse d’espoir. La mise en lumière des processus à l’origine de la propagation des métastases ouvre de nouvelles pistes thérapeutiques. En effet, en ciblant la protéine MYC, la production de proline ou encore la formation de collagène, les chercheurs ont pu réduire la formation et la croissance des tumeurs secondaires en laboratoire.
"Nos résultats suggèrent que nous pouvons intervenir à plusieurs niveaux de ce processus", explique l'experte. "Cela ouvre des perspectives entièrement nouvelles pour la conception de thérapies ciblant spécifiquement les formes les plus dangereuses de la maladie métastatique, notamment chez les patients atteints d'affections hépatiques telles que la stéatose."



