- Une étude montre que plusieurs microplastiques peuvent traverser un modèle de barrière placentaire.
- Ces particules perturbent des hormones importantes pour la grossesse et le développement du fœtus.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces effets chez l'être humain.
Invisibles à l'œil nu, les microplastiques issus de la dégradation d’objets du quotidien s'infiltrent partout, jusque dans notre organisme. Déjà détectés dans le cerveau, le sperme, le placenta ou encore les premières selles des nouveau-nés, ils soulèvent de nombreuses questions sur leurs effets sur la santé. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Molecular and Cellular Endocrinology, suggère aujourd’hui que ces particules de plastiques pourraient également traverser le placenta et perturber certaines hormones essentielles au bon déroulement de la grossesse et au développement du fœtus.
Des plastiques capables de franchir la barrière placentaire
Pour mieux comprendre l’impact des microplastiques pendant la grossesse, des chercheurs ont mis au point un modèle expérimental reproduisant les interactions entre la mère, le placenta et le fœtus. Les résultats montrent que plusieurs plastiques courants, dont le PMMA, le PET, le PVC et le polystyrène, sont capables de traverser la barrière placentaire. Sans surprise, les particules les plus petites franchissent cette barrière plus facilement que les plus grosses. Le PMMA est celui qui a présenté le transfert le plus important : environ 11 % des particules ont atteint le compartiment représentant le côté fœtal après trois jours, selon un communiqué.
Grâce à un marquage fluorescent et à des microscopes 3D, les scientifiques ont observé que les particules ne se contentaient pas de circuler autour des cellules : elles pénétraient dans certaines d'entre elles, notamment celles constituant le placenta et les vaisseaux sanguins du fœtus.
Les analyses révèlent également un effet sur le système hormonal : le polystyrène a entraîné une diminution des taux d'œstrogènes, une hormone indispensable au maintien d'une grossesse normale, et il a également réduit l'expression du gène CYP17, essentiel à la fabrication des hormones stéroïdiennes chez le fœtus. La plupart des autres plastiques testés ont diminué les concentrations d'étiocholanolone, une hormone impliquée dans les signaux biologiques nécessaires au développement du futur bébé.
Quelles conséquences réelles sur le développement du bébé ?
L'étude repose sur un modèle de laboratoire utilisant trois types de cellules humaines : des cellules du placenta (BeWo), des cellules des vaisseaux sanguins fœtaux (HUVEC) et des cellules des glandes surrénales fœtales (H295R). Si ce système reproduit plusieurs fonctions de la grossesse, il ne remplace pas la complexité d'une grossesse chez l'humain. Ces travaux ne démontrent donc pas que ces effets se produisent de manière identique chez les femmes enceintes, soulignent les auteurs.
Reste que, selon eux, ces résultats montrent que "différents types de microplastiques pourraient perturber les hormones pendant la grossesse et affecter la fonction placentaire". Ils appellent à poursuivre les recherches afin de déterminer les conséquences réelles sur le développement du bébé et de comprendre précisément comment ces particules perturbent les mécanismes hormonaux.


