- L'implant Inspire offre une nouvelle solution aux patients souffrant d'apnée du sommeil qui ne tolèrent pas les traitements classiques.
- Ce "pacemaker du sommeil" stimule la langue pour maintenir les voies respiratoires ouvertes.
- Réservé à des patients soigneusement sélectionnés, il est remboursé par l'Assurance maladie depuis 2024.
Fatigue chronique, somnolence, risques cardiovasculaires... L'apnée obstructive du sommeil touche près de 4 millions de Français. Pour les patients qui ne supportent plus les traitements classiques, un implant désormais proposé à la polyclinique Reims-Bezannes, dans la Marne, ouvre une nouvelle voie thérapeutique.
Une alternative lorsque les traitements classiques échouent
L'apnée obstructive du sommeil provoque des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit. La gorge se referme, le cerveau déclenche un micro-réveil pour relancer la respiration, parfois plusieurs dizaines de fois par heure. Résultat : une fatigue persistante, une baisse de l'oxygénation de l'organisme, mais aussi un risque accru d'hypertension et de maladies cardiovasculaires.
Le traitement de référence reste le masque à pression positive continue (PPC), mais certains patients ne le supportent pas. C'est pour eux que la polyclinique Reims-Bezannes propose depuis mai 2026 l'implant Inspire, une première en Champagne-Ardenne, rapporte France 3 Grand Est. Depuis son remboursement par l'Assurance maladie en 2024, de nombreux patients se renseignent sur cette alternative.
Un "pacemaker du sommeil" qui stimule la langue
Le dispositif fonctionne comme un "pacemaker du sommeil". Implanté sous la clavicule, il détecte les mouvements respiratoires pendant la nuit et envoie une impulsion électrique au nerf hypoglosse, qui commande les muscles de la langue. Celle-ci se contracte alors légèrement vers l'avant, empêchant l'obstruction des voies respiratoires. "On fait une petite incision de quatre centimètres sous la mâchoire, pour repérer le nerf hypoglosse", explique à France 3 le Dr Talal Nasser, chirurgien ORL. Il précise que l'étape la plus délicate consiste à disséquer ce nerf "sous microscope" afin de préserver ses différentes branches. L'intervention, réalisée sous anesthésie générale, dure moins de deux heures. Le dispositif n'est activé qu'un mois plus tard et le patient le commande ensuite chaque soir à l'aide d'une télécommande.
Une sélection très stricte des patients
Cet implant n'est toutefois pas destiné à tous les patients souffrant d’apnée. Selon la pneumologue Juliette Nardi, citée par France 3, un parcours de sélection est indispensable : polysomnographie, endoscopie du sommeil et réunion de concertation pluridisciplinaire permettent de vérifier l'absence de contre-indications. Les candidats doivent notamment présenter un IMC inférieur à 32 et avoir échoué avec la PPC et l'orthèse d'avancée mandibulaire. "Il y a une sélection rigoureuse des patients pour l'implantation. Ce n'est pas un gadget ni une expérimentation", rappelle le Dr Talal Nasser.
Plus de 100.000 patients ont déjà bénéficié de cette technologie depuis 2014. Son coût, de quelques 23.000 euros hors intervention, est désormais pris en charge par l'Assurance maladie.



