- Dans une nouvelle étude, des chercheurs montrent que les infections fongiques invasives peuvent être très graves, même chez des patients qui n’ont pas de facteur de risque.
- D’après leurs résultats, le taux de mortalité toutes causes confondues à 90 jours des patients atteints d’infections fongiques invasives est de 45 %.
- La plupart des patients atteints d’infection fongique invasive étaient immunodéprimés ou avaient récemment été touchés par la Covid-19, mais un tiers ne présentait aucun facteur de risque.
Les infections fongiques invasives touchent davantage les personnes immunodéprimées… mais pas seulement. Selon une nouvelle étude, récemment publiée par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les patients n’ayant aucun facteur de risque peuvent aussi être contaminés et en mourir.
La majorité des patients atteints d’infections fongiques invasives ont entre 45 et 64 ans
Les infections fongiques invasives sont dues à des champignons résistants aux traitements antifongiques. En 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une liste de 19 champignons considérés comme les plus dangereux pour la santé publique.
“Les agents pathogènes fongiques (...) deviennent de plus en plus courants et résistants aux traitements, avec seulement quatre classes de médicaments antifongiques actuellement disponibles et peu de candidats en cours de développement clinique, indique le communiqué de l’OMS. Pour la plupart des agents pathogènes fongiques, on ne dispose pas d’outils de diagnostic rapides et sensibles, et ceux qui existent ne sont pas facilement disponibles ou abordables au niveau mondial.”
Dans cette nouvelle étude, les CDC ont voulu mesurer l’ampleur des infections fongiques invasives sur la santé humaine. Pour cela, les scientifiques ont analysé les cas recensés dans quatre hôpitaux d'Atlanta, aux États-Unis, entre 2020 et 2024.
Durant cette période, ils ont enregistré un total de 449 patients atteints d’une infection fongique invasive confirmée. Parmi eux :
- 43 % avaient entre 45 et 64 ans ;
- 39 % étaient âgés de 65 ans et plus ;
- 18 % avaient entre 19 et 44 ans ;
- ceux âgés de moins de 18 ans et les nourrissons de moins d’un an représentaient chacun 1 % des cas.
Un tiers des patients ne présentent aucun facteur de risque
D’après leurs calculs, les chercheurs ont évalué que, chaque année, les cas d’infections fongiques invasives représentaient environ trois à cinq cas pour 100 lits d'hospitalisation classiques et dix à quatorze cas pour ceux en soins intensifs. Si la plupart des patients étaient immunodéprimés ou récemment touchés par la Covid-19, les scientifiques ont découvert qu’un tiers ne présentait aucun facteur de risque.
Enfin, dernier enseignement de cette étude : le taux de mortalité élevé chez les patients atteints d’infection fongique invasive. Selon les chercheurs, il était de 45 % à 90 jours, toutes causes confondues.


