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Mortalité infantile : un rapport s’interroge sur son taux élevé en France

Plus de 4,1 décès pour 1.000 naissances. Le taux de mortalité infantile a augmenté en France ces dernières années. Un rapport, récemment rendu public, pointe différentes causes. 

Mortalité infantile : un rapport s’interroge sur son taux élevé en France Motortion/istock

  • Publié le 07.08.2026 à 15h30
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La mortalité infantile augmente en France. À la fin des années 1990, le pays était à la troisième place des pays avec le plus faible taux de l’Union européenne, il est à la 23ème place depuis 2022. Dans un rapport, révélé par le Canard Enchaîné, et publié depuis sur le site de l’Inspection générale des affaires sociales, des spécialistes s’intéressent aux facteurs pouvant expliquer la hausse du taux de mortalité infantile en France. 

Taux de mortalité infantile : la France à rebours des autres pays européens 

Selon les données de l’INSEE, 4,1 décès infantiles pour 1.000 naissances ont été comptabilisés en 2024. Le taux de mortalité infantile enregistre les cas de décès survenus avant un an. "Cela signifie qu’un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire", précisait l’INSEE dans un communiqué. Ce chiffre est en hausse depuis 2011, alors qu’il baisse dans les autres pays de l’Union européenne. "Si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l’UE, soit 3,3 pour mille, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées en 2024, analyse le rapport. Et si la France avait obtenu, toujours en 2024, les résultats de l’Italie ou du Portugal, soit une mortalité infantile de 2,5 pour mille, elle aurait cette fois évité le décès avant un an de 1.057 enfants."

Hausse du taux de mortalité infantile : des inégalités selon les territoires 

Pour les auteurs du rapport, parmi lesquels le Dr Aquilino Morelle, ancien conseiller du président Hollande, la hausse de la mortalité infantile est un "phénomène multifactoriel" lié à des facteurs démographiques, sociaux et économiques. Son impact varie également selon les régions et le type de territoire. "Certains départements urbains, mais également d’autres, ruraux, connaissent des résultats particulièrement dégradés, indiquent les auteurs. A contrario, d’autres départements connaissent des résultats comparables aux pays les mieux positionnés en Europe." Les auteurs notent le poids de l’Île-de-France dans les chiffres de la mortalité infantile, qu’ils jugent "très fort". Par ailleurs, les chiffres sont préoccupants dans les régions d’Outre-mer : le taux de mortalité infantile y est deux fois plus élevé que dans l’Hexagone. "La mortalité néonatale est fortement liée aux facteurs socio-économiques et le risque de décès néonatal est nettement plus élevé dans les zones les plus défavorisées où vivent les femmes les plus pauvres", complètent les spécialistes.

Comment expliquer la hausse du taux de mortalité infantile en France ?

Dans leur analyse, les auteurs de ce rapport ont constaté que des facteurs "d’ordre populationnel" ont un rôle prépondérant dans la hausse de la mortalité infantile, "en particulier dans la prévalence accrue de la prématurité (grande et extrême), elle-même responsable de l’essentiel de la mortalité néonatale", développent-ils. Ils citent notamment la hausse de l’âge moyen des femmes enceintes, et l’augmentation de la part des mères de 35 ans et plus, la hausse du nombre de grossesses multiples et certaines pathologies maternelles, comme le surpoids ou l’obésité.  

En ce qui concerne l’offre des soins, les spécialistes n’établissent pas de lien entre la fermeture de maternités et la hausse de la mortalité infantile. Depuis le début des années 2000, une concentration des maternités a été réalisée en France, avec la diminution des petites structures. "Il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale des maternités puisse être mis en avant : à simple titre d’exemple, si la Suède a, depuis longtemps, regroupé ses naissances dans des établissements de très grande taille (8.000 à 9.000 accouchements par an pour certains d’entre eux) avec un très bon résultat de mortalité infantile (2,1 pour mille) en 2023), l’Italie, elle, avec un nombre important de maternités (395 en 2023), de petite taille pour beaucoup d’entre elles, obtient un résultat presque aussi satisfaisant (2,5 pour mille en 2023)", indiquent-ils. D'après eux, la hausse du seuil minimal d’activité des maternités, l’une des pistes évoquées pour réduire le taux de mortalité infantile, constituerait une "réponse mécanique, datée, comme plaquée sur la situation actuelle, en décalage par rapport à l’ampleur du problème populationnel à l’origine de la dégradation sanitaire constatée".

Dans ses conclusions, le rapport rappelle l’importance d’agir en amont de la naissance pour "mieux prévenir et repérer les situations à risque", et en aval, "pour renforcer la prise en charge des nouveau-nés les plus vulnérables". Les auteurs citent différents axes d’amélioration dont le renforcement du rôle des services de protection maternelle et infantile (PMI), l’amélioration du parcours périnatal des femmes et des jeunes enfants et la mise en place d’un "plan stratégique national de périnatalité" pour la période 2027-2030.

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