12 kilos supplémentaires pendant la grossesse. C’est la recommandation de l’Assurance maladie pour éviter toutes complications pendant la gestation et pendant l’accouchement. Cela faciliterait aussi le retour au poids initial après la naissance. La perte des kilos pris pendant la grossesse demeure compliquée pour de nombreuses femmes. Selon une étude parue dans Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, la chrononutrition pourrait les aider à y parvenir.
Post-partum : pourquoi la perte de poids peut-être si difficile ?
"La période post-partum est une étape de la vie particulièrement exigeante, durant laquelle il peut être difficile pour les mères de trouver du temps pour les méthodes classiques de gestion du poids, comme la tenue d'un journal alimentaire, le comptage des calories ou la participation à des séances de conseil nutritionnel", rappelle l’autrice principale de ces travaux, Camille R. Schneider-Worthington, professeure adjointe au département des sciences de la nutrition de l'Université de l’Alabama aux États-Unis. Avec son équipe, elle s’est intéressée à des stratégies alternatives, potentiellement moins contraignantes, pour favoriser la perte de poids et l’amélioration de la santé après l’accouchement.
Chrononutrition : une approche nutritionnelle compatible avec le post-partum
La chrononutrition a retenu leur attention. Cette technique consiste à adapter l’heure de prise des repas, et leur contenu, au rythme biologique de l’organisme. Les chercheurs ont testé son acceptabilité auprès des jeunes mères, grâce à des entretiens avec dix femmes ayant récemment accouché. Celles-ci ont identifié différents éléments ayant un impact sur leurs habitudes alimentaires, dont le rythme du nourrisson, les solutions de garde d'enfants, l'aide à la préparation des repas et les horaires de travail du/de la conjoint.e. "Le partage des repas en famille, et en particulier le dîner en tant qu'activité familiale centrale, s'est avéré être un facteur déterminant pour évaluer la faisabilité des approches de chrononutrition en période post-partum", observent les auteurs.
Deux approches de chrononutrition ont été particulièrement bien perçues par les participantes : celle consistant à arrêter de manger un certain nombre d'heures avant le coucher et celle limitant la prise alimentaire à une fenêtre quotidienne fixe de 10 heures. En revanche, elles étaient défavorables à un autre principe de chronutrition, qui consiste à maximiser l’apport calorique au petit-déjeuner et le réduire au minimum au dîner. "C'était la seule approche ayant suscité des inquiétudes chez les mères allaitantes quant à son impact sur la production de lait, indique le Dr Schneider-Worthington. Il peut être nécessaire d'informer les mères allaitantes pour dissiper la croyance selon laquelle des repas copieux le soir ou une prise alimentaire nocturne sont indispensables pour soutenir la production de lait durant la nuit." Comme le rappelle le site 1.000 premiers jours, l’allaitement ne nécessite pas d'alimentation adaptée : aucun aliment ne doit être évité, mais il n’est pas non plus nécessaire de manger davantage. Par contre, cela peut augmenter les besoins en eau.
Pourquoi les femmes en post-partum sont favorables à la chrononutrition ?
"La chrononutrition, en tant qu'outil de perte de poids, se distingue par sa simplicité et offre diverses options, conclut le Dr Schneider-Worthington. Pour beaucoup, surveiller l'heure est plus simple que de compter les calories ou de tenir un journal alimentaire. Cette simplicité pourrait s'avérer particulièrement utile après l'accouchement, période durant laquelle les mères se concentrent souvent davantage sur les soins à apporter à leur nourrisson et à leurs autres enfants que sur elles-mêmes." La spécialiste conseille aux jeunes mères intéressées par cette approche nutritionnelle d’en discuter avec un professionnel de santé.


