- Les médicaments antifongiques permettent de traiter les infections dues à des champignons microscopiques.
- Ces infections fongiques sont aussi souvent appelées mycoses.
- Dans une nouvelle étude, des chercheurs alertent sur l’augmentation du nombre de champignons résistants aux traitements antifongiques.
On entend souvent parler d’antibiorésistance, moins de résistance aux médicaments antifongiques. Et pourtant, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Medicine, elle se développe et menace tout autant la santé humaine.
Des champignons résistants dangereux pour l’Homme
Les médicaments antifongiques permettent de traiter les infections fongiques, souvent appelées mycoses, dues à des champignons microscopiques. Le problème, selon le collectif international de 50 chercheurs, est que de plus en plus de champignons sont résistants à ces traitements antifongiques.
Et parmi ces champignons résistants, certains inquiètent particulièrement les scientifiques. C’est notamment le cas de trois d’entre eux :
- Trichophyton indotineae, responsable d'infections cutanées graves ;
- Candida auris, à l’origine d’infections du sang pouvant être mortelles et qui tue environ un tiers des personnes infectées ;
- Aspergillus fumigatus, un champignon courant, mais très résistant aux traitements.
"Nous constatons déjà une augmentation discrète des mycoses dangereuses, de Candida auris dans les unités de soins intensifs aux moisissures présentes dans la communauté qui ne répondent plus aux traitements classiques, explique le professeur Paul Verweij, l’un des auteurs, dans un communiqué. À moins que la résistance aux antifongiques ne soit intégrée au plan mondial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 2026, avec un financement et des objectifs adéquats, nous risquons de reproduire les erreurs commises avec la résistance aux antibiotiques.”
L’agriculture, principale responsable de la résistance aux antifongiques
Mais pourquoi cette résistance se développe-t-elle ? Selon les auteurs, il y a deux principales causes : la médecine et l’agriculture. "Les agriculteurs utilisent d'énormes quantités de fongicides pour protéger leurs cultures, et certains de ces produits chimiques persistent dans l'environnement pendant des décennies, souligne le professeur Mike Bromley, l’un des auteurs. Il est désormais clairement établi que ces produits chimiques contribuent à l'évolution des champignons vers des souches devenues résistantes aux traitements chez l'homme, les plantes et les animaux."
Les personnes les plus à risque de souffrir de cette résistance aux médicaments antifongiques sont les immunodéprimés. Mais à terme, toute la santé humaine pourrait être menacée. "Si nous n’agissons pas, nous verrons se multiplier les infections incurables, mettant ainsi en péril des vies humaines et les ressources alimentaires", insiste Mike Bromley.
Face à ce constat, les scientifiques ne font pas que donner l’alerte, ils ont aussi élaboré un plan en cinq étapes :
- améliorer la sensibilisation ;
- renforcer la surveillance ;
- mieux prévenir les infections ;
- responsabiliser davantage l'usage des médicaments ;
- investir dans de nouveaux traitements.
Ce plan devrait être publié dans l’année dans l’espoir d’être pris en compte par l'OMS. En attendant, ils appellent les gouvernements et organismes internationaux à prendre des mesures pour freiner ce phénomène.


