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Antidépresseurs : les traitements de longue durée sont-ils vraiment utiles ?

Les bénéfices des antidépresseurs à long terme pourraient être moins importants qu'on ne le pensait, selon une nouvelle étude. Les chercheurs alertent aussi sur les risques liés à une utilisation prolongée des traitements.

Antidépresseurs : les traitements de longue durée sont-ils vraiment utiles ? Prostock-Studio / istock




L'ESSENTIEL
  • Une analyse australienne questionne l'efficacité des antidépresseurs au-delà d'un an.
  • Les chercheurs estiment que certains symptômes de sevrage sont parfois confondus avec des rechutes.
  • Ils recommandent un suivi plus régulier et un arrêt progressif lorsque cela est possible.

Des millions de personnes souffrant de dépression ou de troubles anxieux prennent des antidépresseurs pendant plusieurs mois, voire des années. Mais ces traitements restent-ils réellement efficaces sur le long terme ? Une nouvelle étude australienne relance le débat et invite à réexaminer les pratiques actuelles.

Sevrage ou retour de la dépression ?

Des chercheurs de l'Université d'Adélaïde et de l'Université du Queensland ont passé en revue les données scientifiques disponibles. D’après leurs conclusions, publiées dans l'Australian Journal of General Practice, il existe peu de preuves solides montrant que les antidépresseurs préviennent les rechutes au-delà de douze mois de traitement. Et pour cause, la plupart des études comparent généralement des patients qui poursuivent leur traitement à d'autres qui l'arrêtent brutalement ou très rapidement.

Pour les chercheurs, cette méthode pourrait conduire à une confusion entre les symptômes liés à l'arrêt du médicament et une véritable rechute dépressive. "Ces études ne font pas la distinction entre les symptômes de sevrage et le retour de la dépression. Nous pensons donc qu'une partie des rechutes observées pourrait en réalité correspondre aux effets du sevrage", explique le psychiatre Mark Horowitz, auteur principal des travaux, dans un communiqué.

Un parallèle avec le tabagisme

Le spécialiste rappelle que certains symptômes sont communs aux deux situations : anxiété, humeur dépressive ou troubles du sommeil. "Des symptômes comme l'anxiété, la baisse de moral et l'insomnie surviennent à la fois lors du sevrage des antidépresseurs et lors du retour d'une dépression. Comme les études ne les distinguent pas, elles risquent d'interpréter à tort le sevrage comme une rechute."

Pour illustrer cette problématique, le psychiatre établit un parallèle avec le tabac : "Si l'on appliquait le même raisonnement aux cigarettes et que l'on considérait le fait de se sentir moins bien après leur arrêt comme une preuve qu'il faut continuer à fumer, cela paraîtrait absurde."

Des effets secondaires qui interrogent

L'analyse rappelle également que l'utilisation prolongée des antidépresseurs peut être associée à des effets indésirables comme des troubles sexuels, une prise de poids ou des difficultés émotionnelle. "Le risque d'effets de sevrage semble augmenter avec la durée du traitement", précise Mark Horowitz.

En conclusion, le chercheur recommande de réévaluer la nécessité du traitement tous les six mois et, lorsqu'un arrêt est envisagé, de réduire les doses progressivement. Il rappelle enfin que les psychothérapies peuvent constituer une alternative efficace pour certaines personnes.

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