- Une étude dément l'idée reçue que l'exposition aux chats augmente les risques de crises d'asthme chez les enfants.
- Les enfants asthmatiques qui vivent avec des chats ne semblent pas avoir un asthme plus grave ou une capacité pulmonaire moindre par rapport aux autres enfants asthmatiques.
- D'autres études sont nécessaires pour confirmer les résultats.
De nombreuses personnes assurent que l’exposition à un chat, et surtout à ses poils, déclenche des crises d’asthme chez les enfants. Mais il semblerait que nos félins préférés soient totalement innocents.
Des chercheurs du Karolinska Institutet (Stockholm) ont en effet démontré que les minous ne représentent pas de risque pour les enfants asthmatiques.
Chat ou pas chat : pas de différences chez les enfants asthmatiques
Pour cette étude publiée dans la revue Frontiers in Allergy, l’équipe a suivi 30.277 enfants nés entre 2006 et 2020 ayant été diagnostiqués avec un asthme ou une allergie des voies respiratoires, pendant 24 mois. Elle a évalué l’asthme de ces jeunes patients en reprenant les données des dossiers médicaux, des médicaments prescrits, des consultations aux urgences, des résultats des tests de contrôle de l’asthme et des spirométries (examen évaluant le fonctionnement des poumons). Les scientifiques ont également noté les enfants qui avaient un chat au sein de leur foyer. Ce qui était le cas pour 9,4 % d’entre eux.
Résultat : aucun lien significatif n’a été observé entre l'exposition aux chats domestiques et l'évolution de l'asthme. "Par exemple, un asthme modéré à sévère – défini par la prise de médicaments contre l'asthme – a été observé chez 9,6 % des enfants exposés aux chats et chez 10,1 % des enfants non exposés. Une exacerbation de l'asthme (également appelée crise ou poussée) est survenue chez 3,3 % des enfants exposés aux chats et chez 3,5 % des enfants non exposés", précisent les auteurs dans leur communiqué. La présence d’un minou n’avait aussi aucun impact sur les capacités pulmonaires des jeunes.
Asthme : avoir un chat n’aggrave pas les crises
Ainsi, pour les chercheurs, partager son logement avec des chats n'aggrave pas nécessairement l'état de santé des enfants asthmatiques et allergiques. "Nous montrons ici, au sein d'une cohorte nationale d'enfants suédois souffrant d'asthme et d'allergies, que les enfants vivant avec un chat présentaient une gravité de l'asthme, des exacerbations, un contrôle de l'asthme et une fonction pulmonaire similaires à ceux des enfants vivant sans chat à court terme", souligne l'auteure principale, la Dr Resthie R. Putri. "Nous n'avons également constaté aucune différence dans l'évolution de l'asthme en fonction du nombre de chats, du sexe du chat ou de son âge."
Par contre, les chercheurs reconnaissent que des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer leurs conclusions. "Bien que ces résultats à grande échelle fournissent des informations précieuses, nous manquions de données sur les allergènes auxquels les enfants étaient sensibilisés, et comme le Registre national des chats est relativement récent, certains enfants vivant avec des chats peuvent avoir été classés à tort comme non exposés", avertit l’experte.



