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QUESTION D'ACTU

Erreur diagnostique

«J’allais mourir» : elle subit une hystérectomie avant d’apprendre qu’elle n’avait pas de cancer

Aux États-Unis, une mère de famille, diagnostiquée d’une forme agressive de cancer de l’utérus, a subi une hystérectomie, une intervention irréversible consistant à retirer l’organe, alors qu’elle n’était en réalité pas malade.

\ Panuwat Dangsungnoen/iStock




L'ESSENTIEL
  • Pensant souffrir d’un cancer agressif, diagnostiqué après des fibromes utérins et des saignements importants, une Américaine a subi une hystérectomie totale (retrait de l’utérus, des ovaires, des trompes et de quatre ganglions).
  • Plus tard, une analyse ADN a confirmé que le prélèvement cancéreux de la patiente, qui était en réalité en bonne santé, appartenait à une autre personne.
  • Face à cette erreur de diagnostic, qui a entraîné une chirurgie irréversible, la mère de famille a porté plainte contre l’établissement pour négligence, en invoquant notamment des conséquences physiques, psychologiques et reproductives.

"La première chose qui m'est venue à l'esprit : c'est que j'allais mourir", se souvient Cassandra Barksdale, une femme résidant à Atlanta en Géorgie (États-Unis). Dans un entretien, accordé à CBS News, la mère de deux enfants raconte qu’en mars 2025, elle a consulté un médecin au Kaiser Permanente Southwood Comprehensive Medical Center, à Jonesboro, pour des saignements abondants et des fibromes. Après avoir effectué une biopsie, le verdict tombe : la patiente est atteinte d'une forme agressive de cancer de l'utérus. "J'ai commencé à faire des recherches. En me renseignant, j'ai lu qu'il ne me restait peut-être que cinq ans à vivre. J'ai dû contacter mes enfants pour leur annoncer qu'il ne me restait que cinq ans et que j'allais mourir d'un cancer agressif."

Cancer : un échantillon de tissu appartenant à une autre patiente a été attribué par erreur à l’Américaine

À la suite du diagnostic, les professionnels de santé lui recommandent une hystérectomie. Pour rappel, cette solution de traitement radical consiste à enlever l’utérus ou une partie de celui-ci. Dans le cas de Cassandra, il s’agit d’une hystérectomie totale, qui comporte l’ablation complète de l’utérus avec un retrait des trompes et des ovaires, mais également des quatre ganglions lymphatiques. En mai 2025, elle se fait opérer. Après l’intervention, l'analyse des tissus retirés n'a révélé aucune trace de cancer. Quelques mois plus tard, la mère de famille a reçu un rapport indiquant que l'échantillon "appartenait à une autre patiente" et que le diagnostic de cancer initial devait être écarté. En clair, une confusion entre des échantillons de tissus a conduit à un faux diagnostic de cancer et à une hystérectomie inutile.

Hystérectomie : "La suppression définitive de sa capacité à avoir d'autres enfants biologiques était inutile"

Le 4 août, Cassandra Barksdale, qui a été lourdement affectée par cet incident tant sur le plan physique qu'émotionnel, et ses avocats ont déposé une plainte pour négligence contre Kaiser Permanente dans le comté de Clayton. "J'étais très en colère et triste, je m'inquiétais beaucoup pour l'autre personne, et cela m'a aussi beaucoup affectée psychologiquement", a confié la patiente qui a eu besoin d’un suivi psychologique. "Son traitement chirurgical contre le cancer était inutile. L'ablation de ses ovaires était inutile. La suppression définitive de sa capacité à avoir d'autres enfants biologiques était inutile", a déclaré son avocat, Roderick Edmond.

Il a signalé, à CBS News, que la femme n'était pas prête à renoncer à sa capacité physique de donner la vie. "Cette femme n'a rien demandé de tel. C'est arrivé sans qu'elle l'ait cherché. Elle venait simplement pour des soins courants, et cela lui est tombé dessus. Elle avait fait ligaturer ses trompes, mais elle ne voulait pas s'interdire la possibilité d'avoir recours à une fécondation in utero. (…) Que réclame-t-elle ? Elle veut que les responsabilités soient établies", ont ajouté ses avocats qui réclament des dommages-intérêts d'un montant non précisé ainsi qu'un procès devant jury.

"Des mesures pour garantir qu'une telle chose ne puisse plus se reproduire"

Contacté par le média américain, un porte-parole de Kaiser Permanente affirme que l'entreprise s'engage à "collaborer avec Madame Barksdale et ses avocats pour résoudre cette affaire de la manière la plus juste et la plus responsable possible. Notre responsabilité première est de prodiguer des soins sûrs, experts et empreints de compassion aux personnes qui nous confient leur santé. Une erreur de notre part peut avoir des conséquences profondes. (…) Madame Barksdale n'aurait jamais dû vivre une telle situation. Nous disposons d'un personnel hautement qualifié et de procédures très rigoureuses pour prévenir ce genre d'erreur. Après l'incident survenu l'année dernière, nous avons pris des mesures immédiates pour garantir qu'une telle chose ne puisse plus se reproduire."

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