- Les fortes chaleurs peuvent affecter plusieurs aspects de la santé, parfois plusieurs jours après l'exposition.
- CaniculePrev va étudier les effets ressentis et les comportements de prévention de 2 000 adultes.
- Les résultats doivent aider à mieux protéger les populations face à des canicules plus fréquentes.
Fatigue, troubles cardiovasculaires, difficultés respiratoires, mais aussi répercussions sur la santé mentale : les fortes chaleurs peuvent peser lourdement sur l'organisme, mais à quel point ? Alors que le pays entre ce mardi dans une nouvelle période de canicule qui devrait durer plusieurs jours, Santé publique France vient de lancer une vaste enquête nationale, baptisée CaniculePrev, pour évaluer ces effets sur la santé ainsi que les comportements adoptés par la population.
Menée auprès de 2.000 résidents de métropole âgés de 18 ans et plus, via un questionnaire auto-administré en ligne, l’étude vise à mieux comprendre "comment les individus perçoivent, réagissent et s'adaptent à ces phénomènes climatiques extrêmes", afin notamment d'améliorer la prévention, explique l'agence dans son communiqué publié lundi 10 août.
De l'hydratation au logement, quels réflexes face aux fortes chaleurs ?
Les participants sont notamment interrogés sur leurs conditions de logement, leur exposition aux températures élevées et leur état de santé physique et mentale. Santé publique France (SpF) souhaite ainsi "décrire la fragilité individuelle face aux fortes chaleurs" et identifier les facteurs qui rendent certaines personnes plus vulnérables.
L'étude s'intéresse aussi aux gestes adoptés pendant les épisodes de chaleur. SpF veut notamment évaluer les pratiques liées au "maintien d'une température confortable dans le logement, du rafraîchissement corporel ou encore de l'hydratation". L'agence cherche également à connaître la perception du risque individuel face aux températures élevées.
Cette approche est cruciale car les indicateurs issus des passages aux urgences ne permettent pas de mesurer tous les effets de la chaleur. CaniculePrev doit au contraire documenter les conséquences ressenties avant un éventuel recours aux soins, en les mettant en relation avec les conditions d'exposition et les caractéristiques sociodémographiques.
Des effets qui dépassent les périodes de canicule
Les conséquences sanitaires des fortes chaleurs peuvent être multiples : atteintes cardiovasculaires, respiratoires, rénales ou encore psychiatriques. Selon les éléments rapportés par l'AFP, les effets peuvent également persister "dans les 3 à 10 jours post-exposition". Et le risque ne commence pas uniquement lorsque l'alerte canicule est déclenchée : l'AFP souligne qu'"une surmortalité est généralement observée dès que la température quotidienne moyenne dépasse 25°C".
Par ailleurs, la répétition des épisodes rapprochés peut accroître la vulnérabilité, en particulier chez les personnes les plus fragiles. Un phénomène appelé à être suivi de près alors que, comme l'a rappelé Météo-France, les canicules deviennent plus fréquentes, plus précoces et plus intenses sous l'effet du changement climatique. L'agence a notamment indiqué que juillet 2026 avait été le mois de juillet le plus chaud et l'un des plus secs enregistrés en France depuis le début des mesures en 1900.
Les premiers résultats de CaniculePrev sont attendus en octobre, tandis que "les résultats définitifs devraient être disponibles d'ici à la fin de l'année", précise SpF. L'enquête "a vocation à être renouvelée chaque année" avec l’objectif, à terme, "d'éclairer les politiques de santé publique et d'affiner les messages de prévention afin de mieux protéger les populations, en particulier les plus vulnérables".



