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Métabolisme

Maladie du foie gras : près de 2 milliards de personnes menacées

Une étude met en avant une projection inquiétante concernant la stéatose hépatique liée aux dysfonctionnements métaboliques, dont la charge mondiale devrait augmenter d'environ 42 % d'ici 2050.

Maladie du foie gras : près de 2 milliards de personnes menacées Panuwat Dangsungnoen/iStock




L'ESSENTIEL
  • La stéatose hépatique liée à un dysfonctionnement métabolique, dont la prévalence a rapidement augmenté (plus de 143 %) depuis 1990, touche déjà environ 1,3 milliard de personnes.
  • Le nombre de cas devrait atteindre près de 1,8 milliard d’individus d’ici 2050.
  • La croissance démographique, l’augmentation de l’obésité et des troubles métaboliques (cholestérol élevé, diabète, hypertension artérielle…) seraient responsables de cette hausse.

L’explosion de l’obésité et du diabète cache une autre épidémie : celle de la maladie du foie gras. C’est ce que suggère une équipe internationale de chercheurs dans une étude publiée dans la revue The Lancet Gastroenterology & Hepatology. Étant donné que la stéatose hépatique non alcoolique, qui est associée au syndrome métabolique (obésité abdominale, cholestérol élevé, diabète, hypertension artérielle…) est l'une des maladies du foie les plus répandues au monde, les scientifiques ont voulu évaluer sa charge mondiale, régionale et nationale attribuable à trois facteurs de risque (tabagisme, IMC élevé et hyperglycémie à jeun), quantifier la contribution des facteurs de risque modifiables identifiés et prévoir la prévalence de la pathologie jusqu'en 2050. Pour les besoins des travaux, les auteurs ont passé en revue des données, datant de 1990 à 2023, provenant de 204 pays. "Les estimations de la prévalence de la maladie du foie gras ont été produites selon l'âge, le sexe, la région, l'indice sociodémographique."

Stéatose hépatique non alcoolique : 1,3 milliard de patients déjà concernés

En 2023, environ 1,3 milliard de personnes étaient touchées par la maladie du foie gras, avec un taux de prévalence standardisé selon l'âge de 14.429,3 pour 100.000 habitants et un taux d'années de vie corrigées de l'incapacité (une mesure de l’impact global d’une maladie sur la qualité et la durée de vie) standardisé selon l'âge de 39,6. "Cela représente une augmentation de 142,7 % par rapport au nombre brut de cas en 1990 (0,5 milliard) et de 28,6 % pour le taux pour 100.000 habitants." Les estimations selon l’âge variaient considérablement d’une région à l’autre. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient présentaient le taux de prévalence le plus élevé (29.246,1 pour 100.000 habitants) et l’Amérique latine le taux d’années de vie corrigées de l’incapacité le plus élevé (152,3 pour 100.000 habitants). À l’inverse, la région Asie-Pacifique, à revenu élevé, affichait le taux de prévalence le plus faible (8.653,5 pour 100.000 habitants) et l’Asie de l’Est le taux d’années de vie corrigées de l’incapacité le plus bas (16,3 pour 100.000 habitants).

D’ici 2050, "1,8 milliard de personnes seront probablement atteintes" de la maladie du foie gras

"Notre modèle prévisionnel estime que 1,8 milliard de personnes seront probablement atteintes de la maladie du foie gras d’ici 2050, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2023. Le taux de prévalence standardisé selon l’âge devrait atteindre 15.774,9 pour 100.000 habitants en 2050, ce qui représente une variation annuelle moyenne de 0,3 %." Selon l’analyse, cette évolution sera principalement due à la croissance démographique, notamment en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et moins au vieillissement de la population ou à des changements épidémiologiques.

Les hommes présentaient des taux de prévalence standardisés selon l'âge plus élevés que les femmes. Les chercheurs attribuent cette différence à une plus grande exposition aux facteurs de risque métaboliques. Cependant, les femmes de plus de 69 ans présentaient des taux d’années de vie corrigées de l’incapacité plus élevés que les hommes du même âge. Cette tendance serait liée aux changements hormonaux survenant autour et après la ménopause. "Le nombre de cas prévalents de la maladie du foie gras était le plus élevé chez les jeunes adultes, avec un pic entre 35 et 39 ans chez les hommes et entre 55 et 59 ans chez les femmes."

L'obésité infantile, un facteur de risque sous-estimé

Parmi les facteurs de risque de la stéatose hépatique non alcoolique, une glycémie à jeun élevée a présenté la plus grande contribution au taux d’années de vie corrigées de l’incapacité selon l'âge, suivie d'un IMC élevé et du tabagisme. L’équipe souligne que l'obésité infantile est un facteur de risque croissant et sous-estimé. En effet, les personnes qui développent une obésité durant l'enfance sont exposées plus longtemps à des dysfonctionnements métaboliques, ce qui peut accélérer la progression des maladies hépatiques des décennies avant l'apparition des symptômes.

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