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QUESTION D'ACTU

Septicémie

Sepsis : quel rôle joue le microbiote intestinal ?

Certains agents pathogènes du microbiote intestinal seraient impliqués dans les risques de sepsis, selon une nouvelle étude.

Sepsis : quel rôle joue le microbiote intestinal ? Piotrekswat/istock




L'ESSENTIEL
  • Le sepsis tue chaque année environ 11 millions de personnes.
  • Selon l'étude, la gravité du trouble est déterminée par la virulence des agents pathogènes présents dans l'organisme, mais aussi par la composition du microbiote intestinal.
  • Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques et de prise en charge.

Le sepsis, anciennement connu sous le nom de septicémie, survient lorsque le système immunitaire réagit de façon extrême à une infection, entraînant une dysfonction d’organe. Près de 50 millions de personnes dans le monde sont touchées et plus de 11 millions en meurent chaque année.
Malgré son lourd fardeau sur la santé publique, ce trouble très dangereux a encore de nombreuses zones d’ombre, notamment sur son déclenchement.

Une nouvelle étude de l'Institut coréen de recherche en biosciences et biotechnologie (KRIBB), publiée dans Nature Communications le 30 avril 2026, apporte une réponse, et elle se trouverait dans notre microbiote.

La gravité du sepsis dépendrait de la composition du microbiote intestinal

Pour mieux comprendre les mécanismes du sepsis, les chercheurs ont étudié des souris génétiquement identiques. Ils ont remarqué que ces animaux présentaient des réponses à l'infection très différentes selon la composition de leur microbiote intestinal.

Alors que l’équipe les exposant à la même quantité de bactéries pathogènes, certains rongeurs présentaient des symptômes relativement bénins et survivaient tandis que d'autres voyaient leur état de santé se détériorer en raison d'une activation immunitaire excessive.

Les analyses effectuées pour comprendre le phénomène ont révélé que la gravité de la maladie dépendait de la quantité d'une famille de bactéries intestinales appelée Muribaculaceae. "Parmi ces micro-organismes, une bactérie nommée Sangeribacter muris KT1-3 produisait des métabolites induisant une hypersensibilité excessive des cellules immunitaires. Par conséquent, lorsque des agents pathogènes envahissaient l'organisme, le système immunitaire réagissait de manière beaucoup plus agressive que nécessaire, entraînant une inflammation incontrôlée et une septicémie mortelle", expliquent les auteurs dans leur communiqué.

Pour confirmer cette découverte, les scientifiques ont réalisé une nouvelle expérience. Des rongeurs résistants ont reçu une transplantation fécale contenant des pathogènes intestinaux associés à un risque d’infection grave. Leur taux de survie a brutalement chuté. À l’inverse, les souris qui ont eu un transfert de microbes intestinaux sains, ont vu leur survie à l’infection améliorée.

L’étude a aussi permis de démontrer que des métabolites produits par certaines bactéries intestinales peuvent stimuler les cellules immunitaires au-delà de leur seuil d'activation normal. "Cette hypersensibilité immunitaire exacerbée a entraîné des réactions inflammatoires explosives, même à des stimuli externes relativement faibles, pouvant aboutir à une septicémie potentiellement mortelle", ajoute l’équipe.

Sepsis : mieux repérer les personnes à risque

Face à l’ensemble de ces nouvelles connaissances, les chercheurs concluent que la "gravité du sepsis est déterminée non seulement par la virulence des agents pathogènes envahissants, mais aussi par la composition du microbiote intestinal".

Cette découverte pourrait aider à prédire les patients ayant plus de risque de développer un sepsis, mais aussi d'ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.

"Cette étude démontre que le microbiote intestinal peut modifier fondamentalement l'intensité des réponses immunitaires et, par conséquent, déterminer l'issue des infections", explique le Dr Hwi-Won Seo, principal auteur de l'étude. "Nous espérons que ces résultats contribueront au développement futur de technologies basées sur le microbiome pour la prédiction des infections et la régulation immunitaire."

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