- Des chercheurs allemands ont développé un test sanguin pour détecter précocement Alzheimer et Parkinson.
- Le dispositif détecte des protéines anormales avant les symptômes.
- La technologie pourrait permettre un dépistage massif dans les prochaines années.
Diagnostiquer Alzheimer ou Parkinson avant même l’apparition des troubles de mémoire ou des premiers tremblements : cette perspective se rapproche. Des chercheurs allemands ont mis au point un test sanguin capable de repérer très tôt les signes biologiques de ces maladies neurodégénératives, ouvrant la voie à un dépistage précoce à grande échelle. Leurs travaux ont été présentés dans la revue scientifique The Journal of Physical Chemistry B.
Une technologie basée sur l’infrarouge
Avec le vieillissement de la population, les cas de maladie d’Alzheimer et de Parkinson augmentent fortement dans le monde. Or, les diagnostics restent souvent tardifs. Les symptômes apparaissent généralement lorsque le cerveau est déjà gravement atteint. "La thérapie doit commencer beaucoup plus tôt", explique le professeur Klaus Gerwert, de l’université Ruhr de Bochum, en Allemagne, dans un communiqué. Selon le chercheur, il faut intervenir "avant même la formation des dépôts insolubles de protéines dans le cerveau", comme les plaques amyloïdes dans Alzheimer ou les corps de Lewy dans Parkinson.
C’est ce que propose ce nouveau prototype de test, qui repose sur un "capteur immuno-infrarouge". Concrètement, les chercheurs utilisent des anticorps capables d’isoler dans le sang des protéines mal repliées, considérées comme des marqueurs précoces des maladies neurodégénératives. Pour Alzheimer, il s’agit de la protéine bêta-amyloïde ; pour Parkinson, de l’alpha-synucléine. Ces anomalies sont ensuite détectées grâce à une spectroscopie infrarouge associée à une technologie laser très sensible appelée "laser à cascade quantique".
Vers un dépistage préventif du cerveau ?
Cette technologie pourrait être facilement déployée à grande échelle, selon les chercheurs. "La méthode est prometteuse pour une application clinique large et un dépistage de masse à l’avenir", souligne le Dr Grischa Gerwert, co-auteur de l’étude. Le dispositif est déjà utilisé dans plusieurs études cliniques, mais avant une éventuelle commercialisation auprès du grand public, il devra toutefois obtenir l’autorisation européenne prévue par le règlement IVDR sur les dispositifs médicaux. S’il est validé, ce test sanguin pourrait profondément transformer la prise en charge des maladies neurodégénératives, en permettant une médecine plus précoce, plus ciblée et potentiellement plus efficace.



