- Les coups de tête au football provoquent une hausse temporaire de biomarqueurs liés à des lésions neuronales.
- Plus les têtes sont fréquentes et puissantes, plus ces marqueurs augmentent.
- Si les niveaux sanguins revenaient à la normale après le match, cela ne signifie pas absence de danger, selon les chercheurs.
Un simple coup de tête au ballon peut-il laisser une trace dans le cerveau ? Selon une étude menée par l’Amsterdam UMC et la Fédération royale néerlandaise de football, les footballeurs amateurs présentent, juste après un match, une hausse temporaire de biomarqueurs sanguins associés à des lésions neuronales. Plus les têtes sont fréquentes et puissantes, plus ces marqueurs augmentent. Quinze jours avant le match d’ouverture de la Coupe du monde de football, le 11 juin, ces résultats relancent le débat sur les risques neurologiques liés au sport le plus populaire de tous les temps.
Des marqueurs du cerveau perturbés après un match
Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans la revue JAMA Neurology, les chercheurs ont suivi 302 joueurs amateurs lors de 11 matchs masculins. Des prises de sang ont été réalisées avant et après les rencontres afin de mesurer plusieurs biomarqueurs liés aux dommages des cellules nerveuses, notamment le p-tau217 et le S100B. Ces indicateurs sont également utilisés en médecine pour aider au diagnostic de traumatismes cérébraux ou de certaines démences.
Grâce à des vidéos, les scientifiques ont pu comptabiliser avec précision le nombre de têtes effectuées et leur intensité. Résultat, il apparaît que les joueurs ayant frappé le ballon de la tête présentaient des taux plus élevés de biomarqueurs immédiatement après le match que ceux n’ayant effectué aucune tête.
Les chercheurs ont aussi constaté un lien dose-effet. "Plus souvent un joueur faisait des têtes et plus elles étaient puissantes, plus l’effet mesuré dans le sang était important", explique le neuroscientifique Marsh Königs, un des auteurs principaux de l’étude, dans un communiqué. Les hausses les plus importantes ont été observées après des têtes dites "à haute intensité", notamment lorsque le ballon avait parcouru plus de 20 mètres dans les airs, comme après un long dégagement du gardien.
Un signal d’alerte pour le football amateur ?
Les niveaux sanguins revenaient toutefois à la normale dans les 24 à 48 heures suivant le match. Mais pour les chercheurs, cela ne signifie pas forcément absence de danger. "Nous observons essentiellement des nuages de poussière liés aux dommages. Quand la poussière retombe, cela ne veut pas dire que les dégâts ont disparu", souligne le neurologue Jort Vijverberg, co-auteur des travaux.
En 2025, le Conseil de la santé néerlandais avait déjà conclu que les anciens footballeurs professionnels présentaient un risque accru de maladies neurodégénératives, possiblement lié aux impacts répétés sur la tête. Mais jusqu’ici, peu de données existaient chez les amateurs. Les chercheurs appellent désormais à prendre toutes les têtes au sérieux, même à un niveau non professionnel.


