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Santé des femmes

Endométriose : une analyse de sang pour éviter l'errance diagnostique

Selon une nouvelle étude, les personnes souffrant d’endométriose présentent un profil hormonal particulier qui peut être repéré par une analyse de sang.

Endométriose : une analyse de sang pour éviter l'errance diagnostique ojos de hojalata/istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude montre que les femmes atteintes d'endométriose ont un profil hormonal distinctif.
  • Elles ont des taux élevés d’androgène 11‑céto‑testostérone.
  • Cette découverte pourrait permettre de développer un test sanguin de dépistage.

Un diagnostic d’endométriose cache en moyenne une errance médicale de 7 ans. Mais cela pourrait changer ! Des chercheurs de l’université d’Édimbourg ont découvert que les patientes atteintes de cette maladie gynécologique ont des taux différents d’un groupe d'androgènes – les hormones dites mâles, également présentes chez les femmes – par rapport aux autres. Cette découverte, présentée dans la revue European Journal of Endocrinology, pourrait ouvrir la voie à des tests sanguins de dépistage.

Endométriose : les patientes ont un profil hormonal particulier

Pour cette étude, l'équipe a analysé les taux d'hormones dans le sang de 159 patientes atteintes d'endométriose et de 57 femmes qui n’étaient pas touchées par cette maladie. Ils ont notamment mesuré les niveaux d’androgènes, dont les androgènes 11-oxygénés. Il s’agit d’un groupe d'hormones produites par les glandes surrénales.

Les examens ont révélé que les personnes atteintes d'endométriose affichaient des taux élevés d’androgène 11‑céto‑testostérone, connus pour participer au développement de la masse musculaire et des organes sexuels. Des analyses supplémentaires ont montré que cette signature hormonale unique permettait de distinguer les malades des personnes sans trouble, identifiant correctement plus de 95 % des patientes atteintes d'endométriose.

"Ces résultats constituent une avancée majeure dans notre compréhension de l'endométriose. Traditionnellement considérée comme une maladie liée aux œstrogènes, notre recherche remet en question cette vision en démontrant des taux d'androgènes variables chez les patientes atteintes. Nous sommes optimistes quant au fait que cette nouvelle perspective permettra un diagnostic plus précoce et le développement de traitements innovants pour les personnes souffrant d'endométriose", explique le Dr Douglas Gibson, auteur de l’étude, dans un communiqué de presse.

Endométriose : un test sanguin en développement

L’université d’Édimbourg s’appuie sur cette découverte pour développer un test sanguin de diagnostic de l’endométriose et cherche notamment des partenaires industriels pour la soutenir dans sa démarche.

"Un test diagnostique fiable et non chirurgical est indispensable et attendu depuis longtemps. Il pourrait permettre de réduire le délai de diagnostic à quelques mois seulement. Ces premiers résultats sont prometteurs, mais des essais cliniques de plus grande envergure seront essentiels pour les confirmer. C’est précisément pourquoi investir dans la recherche sur l’endométriose est si important et pourquoi nous suivrons avec intérêt l’évolution de ces recherches", réagit Emma Cox, directrice de l’association Endometriosis UK.

"Il s'agit d'une découverte prometteuse qui répond à un besoin important non satisfait dans le domaine de la santé des femmes. Edinburgh Innovations invite les partenaires susceptibles de contribuer au développement de cette technologie exclusive (...) à prendre contact avec elle", ajoute Dr Susan Bodie du département commercialisation et innovation de l’université.

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