- Dans environ un tiers des cas, l’endométriose est associée à une infertilité.
- Cette infertilité serait provoquée par la présence d’amas de tissus endométriaux, et notamment celle de kystes ovariens ou de lésions sur les trompes de Fallope, qui peut créer une barrière mécanique à la fécondation.
- Des pistes génétiques et biologiques seraient également en cause.
Une femme en âge d’avoir des enfants souffre d’endométriose, qui se caractérise par la présence, en dehors de l’utérus, de cellules de l’endomètre. Concrètement, ce tissu endométrial provoque des lésions, des adhérences et des kystes dans les organes colonisés. Cela se traduit par des douleurs plus ou moins fortes dans le bas du ventre, en particulier pendant les règles ou lors des rapports sexuels, une fatigue chronique, des douleurs dorsales ou encore un syndrome de l’intestin irritable. Chez certaines, "l'endométriose peut passer inaperçue et être sans conséquence sur la fertilité. Dans d'autres cas, l'endométriose est indolore mais a un retentissement sur la fécondité. Son diagnostic est alors posé lors d'un bilan d'infertilité", indique l’Assurance Maladie.
Pourquoi l’endométriose peut-elle entraîner une infertilité ?
L’intensité des douleurs liées à l’endométriose n’a en effet pas de lien direct avec les problèmes de fertilité. Selon le Dr Jérôme Berger, le retentissement de l’endométriose sur la fertilité d’une femme dépend du degré de sévérité de la maladie et des organes atteints. "L’endométriose responsable peut siéger dans la région des ovaires, des trompes ou dans le péritoine environnant. (…) Du fait des adhérences dans la région des trompes et des ovaires, l’ovule peut ne pas être capté correctement par la trompe après l’ovulation dans l’ovaire. Les kystes d’endométriose dans les ovaires perturbent directement la maturation des ovules, ce qui rend parfois impossible une ovulation normale. Une réaction immunitaire contre l’endomètre ectopique, c’est-à-dire en position anormale peut faire percevoir ce tissu comme étranger et peut empêcher la nidation dans l’utérus", explique-t-il.
Des études mettent également en avant des différences d’ordre génétique entre les femmes atteintes d’endométriose et les autres. En clair, cette baisse de fertilité associée à la maladie s’expliquerait par le fait que certains gènes codant pour les récepteurs aux prostaglandines (des médiateurs chimiques de l’inflammation) sont 10 à 20 fois plus exprimés dans l’endomètre utérin des patientes. "D’autres pistes biologiques pourraient expliquer l’infertilité de ces malades, comme les anomalies des prostaglandines ou celle de la fonction et de la réserve ovarienne des femmes atteintes d’endométriose", ajouté le Dr Jérôme Berger. Autre causée évoquée par l’Assurance Maladie : un capital ovocytaire (nombre d’ovocytes présents dans les ovaires).
Endométriose : est-ce possible de tomber enceinte ?
La question concernant le désir de grossesse revient souvent en cas d’endométriose. L’Assurance Maladie souligne que même chez les femmes présentant des symptômes particulièrement douloureux, une grossesse peut survenir spontanément. "Environ 30 % à 40 % des femmes touchées par l’endométriose présente une infertilité, avec des taux de fécondité (chance de concevoir) évalués entre 2 et 10 % par cycle, contre 25 à 30 % au sein des couples fertiles." Selon l’Inserm, le taux de grossesse spontanée en cas d’infertilité liée à une endométriose est de 36 % à 3 ans, contre 55 % chez les couples qui présentent une infertilité inexpliquée. "Cette difficulté est plus marquée si la femme est plus âgée dans la mesure où l’endométriose est une maladie évolutive, qui progresse avec le temps." Chez les patientes qui ont des difficultés à tomber enceintes, des traitements de fertilité, tels que l’induction de l’ovulation, l’insémination intra-utérine (IIU) ou la fécondation in vitro (FIV), peuvent être recommandés.



