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Oncologie

Explosion du cancer colorectal chez les jeunes : ce pesticide jugé sans risque peut-il l’expliquer ?

Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont identifié une signature biologique associée au piclorame, un herbicide utilisé depuis les années 1960, dans des tumeurs colorectales diagnostiquées chez des patients de moins de 50 ans.

Explosion du cancer colorectal chez les jeunes : ce pesticide jugé sans risque peut-il l’expliquer ? Andrei Naumenka/iStock




L'ESSENTIEL
  • Le piclorame est un herbicide utilisé depuis les années 1960, sans jamais avoir été classé comme cancérogène.
  • Mais une nouvelle étude vient d’identifier une signature biologique associée au piclorame dans des tumeurs colorectales diagnostiquées chez des patients de moins de 50 ans.
  • Les données réelles issues des comtés américains corroborent ce lien entre piclorame et risque de cancer colorectal précoce.

Depuis quelques années, le cancer colorectal explose chez les moins de 50 ans. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Medicine, ce phénomène pourrait être lié, en partie, à des expositions environnementales comme certains pesticides, notamment un herbicide jusqu’à présent jugé sans risque, le piclorame. Celui-ci est utilisé depuis les années 1960, il n’a jamais été classé comme cancérogène. 

Une signature biologique associée à l’herbicide piclorame

Dans leurs travaux, les scientifiques de l’Institut de recherche biomédicale de Barcelone (IRB Barcelona) et du Centre national espagnol de recherche sur le cancer (CNIO) ont analysé des centaines de tumeurs colorectales. Celles-ci provenaient de jeunes patients, c’est-à-dire âgés de moins de 50 ans, et de personnes de plus de 70 ans. 

Leur but était d’identifier les modifications biologiques pouvant être liées à une exposition à des produits chimiques comme des pesticides. Plus précisément, ils voulaient déterminer si certaines signatures épigénétiques pouvaient être associées à des cancers précoces. 

Dans cette première phase, ils ont en effet identifié une signature biologique associée au piclorame dans les tumeurs colorectales de ces jeunes patients. Autrement dit, les chercheurs ont observé que cette empreinte épigénétique était surreprésentée chez les patients atteints précocement d’un cancer colorectal.

“Les auteurs ont ensuite rassemblé les données issues de tumeurs prélevées dans neuf autres cohortes de patients, explique Julie Pannequin, chercheuse (CNRS) spécialiste des cancers digestifs à l’Institut de génomique fonctionnelle, qui n’a pas participé à ces travaux, au Monde. Ils ont confronté leur première analyse à ces données, et retrouvent le même signal. Dans ces autres cohortes, les marqueurs d’exposition du piclorame sont aussi surreprésentés parmi les patients touchés précocement par ce cancer.

Plus on est exposé au piclorame, plus le risque de cancer colorectal augmente ?

Ici, les chercheurs ont donc montré une association entre une exposition au piclorame et le cancer colorectal chez les jeunes patients, aussi documentée par les informations réelles : “Nous disposons des données d’usage de nombreux pesticides entre 1992 et 2012 dans 94 comtés américains, explique Jose A. Seoane, d’un des principaux auteurs de l’étude, au Monde. Nous les avons croisées avec l’incidence locale des cancers colorectaux précoces et nous retrouvons ce lien entre le piclorame et le risque de contracter ces cancers.” 

D’après les chercheurs, si les moins de 50 ans sont les plus touchés, cela pourrait être lié à une exposition plus précoce et plus longue au pesticide, comparativement à leurs aînés. Néanmoins, pour l’instant, il est encore trop tôt pour affirmer que le piclorame est la cause du développement de la maladie.

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