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Dépression

Regarder les infos sur les guerres et la violence : un risque pour la santé mentale

Voir régulièrement des fusillades ou des violences armées dans les médias pourrait favoriser le risque de dépression, même si l'on n'y est pas directement confronté, selon une étude américaine.

Regarder les infos sur les guerres et la violence : un risque pour la santé mentale Andy Nowack / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude relie l’exposition médiatique aux violences armées à une moins bonne santé mentale.
  • Les chercheurs observent davantage de symptômes dépressifs chez les personnes très exposées.
  • Les scientifiques appellent à de plus amples recherches sur les effets psychologiques des médias.

Fusillades relayées en boucle, scènes de guerre diffusées sur les réseaux sociaux, images choc dans les journaux télévisés… Même sans être directement victime, le simple fait d'être spectateur de violences par armes à feu pourrait peser lourd sur la santé mentale. C’est ce que révèle une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université Rutgers, aux Etats-Unis.

Quand les médias renforcent le sentiment d’insécurité

Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans la revue BMC Public Health, les scientifiques ont analysé les données de près de 5.000 adultes américains. Ils se sont intéressés à l’exposition à des contenus réels diffusés sur les réseaux sociaux, comme Instagram ou TikTok, mais aussi sur les chaînes d’information en continu ou dans les JT. Jusqu’ici, les études s’étaient surtout concentrées sur les personnes directement confrontées aux violences armées. Mais aujourd’hui, nombreux sont ceux qui découvrent ces événements en temps réel à travers les écrans, parfois plusieurs fois par jour.

Or, "une exposition répétée à la violence par armes à feu peut avoir des effets négatifs sur le bien-être", affirme Devon Ziminski, chercheuse au New Jersey Gun Violence Research Center de la Rutgers School of Public Health, dans un communiqué. Dans le détail, c'est clair : les participants à l’étude qui étaient fortement exposés aux contenus médiatiques violents présentaient davantage de symptômes dépressifs. Ils se plaignaient aussi d’un plus grand nombre de jours de mauvaise santé mentale.

Comment l’expliquer ? Selon Devon Ziminski, la manière dont les médias présentent ces événements joue un rôle majeur. Les fusillades très médiatisées, notamment les tueries de masse, fréquentes aux Etats-Unis, peuvent alimenter un sentiment d’insécurité durable et global, même dans des zones épargnées par la violence armée. "La perception du danger peut être influencée non seulement par la quantité de couverture médiatique, mais aussi par la façon dont les événements sont racontés et par les sources, jugées crédibles", souligne la chercheuse.

Mieux comprendre les effets psychologiques des écrans

Les chercheurs estiment que cette exposition indirecte devient aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. "Nos résultats suggèrent que l’exposition répétée à la violence réelle par armes à feu dans les médias pourrait contribuer à une charge mentale importante, même pour les personnes qui n’ont jamais été impliquées directement dans un incident", note Devon Ziminski. Son équipe appelle désormais à poursuivre les recherches pour mieux comprendre l’impact de la surexposition aux contenus violents sur notre santé mentale.

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