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Photosensibilisation

Entorse, arthrose : attention à ces gels antidouleur en cas d'exposition au soleil

En cette période où le soleil est particulièrement intense, l’ANSM alerte sur les risques, souvent méconnus, liés à l'utilisation de certains gels destinés à traiter les affections musculosquelettiques.

Entorse, arthrose : attention à ces gels antidouleur en cas d'exposition au soleil Ake Ngiamsanguan/iStock




L'ESSENTIEL
  • En cas d’exposition au soleil, les gels contenant du kétoprofène, des anti-inflammatoires utilisés pour traiter les affections musculosquelettiques, peuvent provoquer des réactions cutanées potentiellement graves.
  • Plus précisément, "les produits topiques (qui sont appliqués directement sur la peau) déclenchent plus souvent une photoallergie", se manifestant par des lésions ressemblant à de l’eczéma ou à de l’urticaire.
  • Pour éviter cela, l’ANSM recommande aux patients de protéger les zones traitées avec un vêtement pendant toute la durée du traitement et aussi pendant deux semaines après la fin du traitement.

Appliquez-vous un gel antidouleur avant de sortir ? Si c’est le cas, il faut redoubler de vigilance, d’après l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Dans un communiqué, publié le 3 juillet, l’autorité sanitaire met en garde contre le risque des gels contenant du kétoprofène, que beaucoup ignorent, en cas d’exposition au soleil et à la chaleur. Ces traitements à appliquer sur la peau sont des anti-inflammatoires utilisés dans le traitement des tendinites, des douleurs de dos, de l’arthrose ou des traumatismes bénins comme les entorses.

Arthrose, entorse… Les gels contenant du kétoprofène peuvent provoquer des réactions cutanées

Problème : ces médicaments ne font pas bon ménage avec le soleil et la chaleur. "L'exposition au soleil (même voilé) ou aux UVA des zones en contact avec le gel de kétoprofène peut provoquer des réactions cutanées potentiellement graves", car ces médicaments sont photosensibilisants. Pour rappel, la photosensibilité est une réaction du système immunitaire déclenchée par le soleil. Elle correspond à une surréaction de la peau aux rayons du soleil, comme l’apparition de démangeaisons, de rougeurs ou une inflammation de la peau.

Selon l’agence, il existe deux types de photosensibilité liée aux médicaments : la phototoxicité et la photoallergie. La phototoxicité peut apparaître quelques minutes à quelques heures après une exposition au soleil. Celle-ci ressemble souvent à un coup de soleil important : rougeur, douleur, parfois cloques. "Si le médicament est utilisé localement sur la peau (pommade, crème…). La réaction se produira uniquement sur les zones d’application du médicament. (…) L’intensité de la réaction de la peau dépend de l’intensité de l’exposition solaire, du médicament, de la dose administrée, ainsi que du phototype de la personne. Cette réaction disparaît progressivement à l’arrêt du médicament et/ou de l’exposition solaire."

Quant à la photoallergie, elle se manifeste par une réaction de la peau ne se limite pas aux zones exposées au soleil et peut même atteindre les zones couvertes. Les lésions ressemblent à de l’eczéma ou à de l’urticaire. La réaction disparaît lentement à l’arrêt du médicament et peut parfois persister. "Les traitements systémiques (les médicaments qui agissent dans tout le corps et que l’on prend par voie orale ou injectable) déclenchent plus souvent une phototoxicité, tandis que les produits topiques (qui sont appliqués directement sur la peau) déclenchent plus souvent une photoallergie", précise l’ANSM.

Gels photosensibilisants : comment les utiliser en toute sécurité ?

Afin de réduire le risque de photosensibilisation, les patients ayant recours à des gels contenant du kétoprofène doivent veiller à protéger les zones traitées avec un vêtement pendant toute la durée du traitement et aussi pendant deux semaines après la fin du traitement. Il leur est aussi conseillé de se laver les mains de manière soigneuse et prolongée après chaque application du gel.

Si une réaction cutanée (rougeur, irritation, démangeaisons) apparaît sur la zone sur laquelle le gel antidouleur a été appliqué le gel, il convient d’arrêter immédiatement le traitement, d’avertir son médecin, de protéger cette zone du soleil même après que la réaction cutanée a disparu pour éviter qu’elle réapparaisse et de ne pas réappliquer le gel s’il est à l’origine de la réaction.

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