- Une alimentation de qualité est associée à un risque plus faible de démence.
- Les régimes les moins inflammatoires semblent les plus bénéfiques.
- Cette étude, observationnelle, ne permet toutefois pas de démontrer un lien de cause à effet.
Adopter une alimentation équilibrée pourrait contribuer à réduire le risque de démence, même chez des personnes présentant déjà des marqueurs biologiques évocateurs de la maladie d'Alzheimer. C'est la conclusion d'une étude menée par le Karolinska Institutet, en Suède, qui suggère qu'un régime alimentaire de qualité, notamment peu inflammatoire, pourrait ralentir le développement de la maladie.
Les régimes les moins inflammatoires semblent les plus protecteurs
Publiés dans la revue JAMA Network Open, les travaux ont porté sur 1.865 adultes de 60 ans et plus, sans signe de démence au début de l'étude. Les participants ont été suivis pendant une période pouvant atteindre 15 ans. Les chercheurs ont analysé à plusieurs reprises les habitudes alimentaires des volontaires, puis les ont comparées à des biomarqueurs sanguins capables de détecter précocement des modifications liées à la maladie d'Alzheimer, aux lésions neuronales ou encore aux processus inflammatoires.
Les scientifiques ont étudié trois modèles alimentaires : le régime méditerranéen alternatif, l'Alternative Healthy Eating Index et un indice évaluant le potentiel inflammatoire de l'alimentation. Le constat est clair : les personnes suivant le plus fidèlement une alimentation de bonne qualité présentaient un risque plus faible de développer une démence. Cette association persistait même chez celles dont les analyses sanguines révélaient déjà un risque biologique accru.
Jusqu’à moins 30 % de risque relatif de démence
Les résultats étaient particulièrement marqués pour les régimes anti-inflammatoires, comme le régime méditerranéen. Chez les participants présentant des biomarqueurs élevés liés à la maladie d'Alzheimer, ce type d'alimentation était associé à une diminution pouvant atteindre 30 % du risque relatif de développer une démence. "La qualité de l'alimentation, et en particulier les régimes ayant un faible potentiel inflammatoire, pourrait être pertinente pour prévenir la démence chez les personnes présentant déjà des signes biologiques de risque accru", résume Anja Mrhar, affiliée au Karolinska Institutet, dans un communiqué.
Les auteurs invitent toutefois à la prudence. Cette étude est observationnelle et ne permet pas de démontrer un lien de cause à effet. Elle montre néanmoins qu'une alimentation de qualité pourrait continuer à influencer l'évolution de la maladie, même lorsque les premiers signes biologiques sont déjà présents.



