• CONTACT

QUESTION D'ACTU

Désorientation topographique développementale

Ce trouble peut vous faire perdre votre chemin... même à la maison

Certaines personnes se perdent quotidiennement, et ce n’est pas juste un petit problème d’orientation ou d'inattention. Elles souffrent d’un trouble appelé désorientation topographique développementale qui peut les conduire à se perdre même dans des lieux familiers.

Ce trouble peut vous faire perdre votre chemin... même à la maison Irina Shatilova/istock




L'ESSENTIEL
  • Certaines personnes souffrent d'un trouble appelé désorientation topographique développementale. Elles sont incapables de s'orienter même dans des lieux connus.
  • Selon certaines estimations, jusqu'à une personne sur 30 pourrait en souffrir.
  • Des travaux ont révélé que certains patients ne parviennent pas à créer des images mentales des lieux.

Fatigue, inattention, lieux inconnus… Cela arrive à tout le monde de ne plus savoir vraiment où elles sont et quel chemin prendre pour arriver à destination. Mais pour certaines personnes, cette difficulté voire impossibilité à s’orienter est quotidienne. Ce trouble assez handicapant à un nom. Il s’agit de la désorientation topographique développementale.

Dans la revue The Conversation, trois scientifiques de l’université de Leiden présentent ce trouble qui peut conduire à se perdre dans sa propre maison.

DTD : les patients ne peuvent pas construire de carte mentale des lieux

Jusqu’à une personne sur 30 pourrait souffrir d’une désorientation topographique développementale (DTD), selon les estimations. Cette incapacité à s'orienter, même dans des lieux familiers, n'est pas liée à une lésion cérébrale, une pathologie neurologique ou encore un trouble psychiatrique. Les difficultés rencontrées par les personnes touchées par la DTD proviendraient juste du fonctionnement naturel de leur système de navigation interne.

"Les premières recherches sur la désorientation topographique développementale se concentraient sur les cas extrêmes, chez des personnes dont la désorientation était si invalidante qu'elles ont sollicité une aide professionnelle. Mais nous savons maintenant qu'il existe une grande variabilité entre les cas de DTD. Des formes plus légères peuvent passer inaperçues tout au long de la vie d'une personne, étant simplement attribuées à un mauvais sens de l'orientation", écrivent les auteures de l’article Isabelle Kalko, Ineke van der Ham et Judith Schomaker.

En tentant de comprendre l’étendue du trouble, les trois chercheuses ont mis en lumière un sous-type qu’elles ont appelé "atopia". Les personnes présentant cette forme de désorientation topographique développementale ne parviennent pas à construire de carte mentale d'un lieu. C’est-à-dire une représentation mentale de leur position dans l’espace et des points de repère qui permettent de se situer.

"Les personnes atteintes d'atopie ne construisent pas de carte cognitive de leur environnement. Ainsi, bien qu'elles possèdent une bonne mémoire des repères – la capacité de reconnaître et de se souvenir des caractéristiques distinctives de leur environnement – ​​leur carte cognitive globale ne se constitue jamais complètement", expliquent les chercheuses. "Cela signifie qu'elles peuvent savoir que leur domicile se trouve près de la gare et que les magasins sont proches de chez elles, mais ces éléments restent des faits distincts plutôt que de se fondre en un schéma unique qu'elles peuvent mentalement appréhender et comprendre", précisent-elles.

Cette incapacité à construire une carte mentale solide perturbe grandement leurs déplacements. En effet, le moindre changement ou la moindre perturbation (route barrée, travaux, sortir par un accès différent) interrompt définitivement l’itinéraire.

Si le trouble peut sembler assez inoffensif, il peut avoir des répercussions sur leur autonomie, mais aussi sur la santé mentale. "Lorsque les déplacements quotidiens deviennent plus difficiles, cela crée un contexte propice à la rigidité chez les personnes atteintes d'atopia : elles peuvent se replier sur elles-mêmes, éviter de sortir de chez elles ou de devenir dépendantes des appareils GPS. Ce comportement peut être interprété à tort comme de la négligence, de l'anxiété, voire un manque d'intelligence – ce qui est totalement infondé, mais aurait des conséquences négatives importantes pour ces personnes."

Bientôt une solution pour les patients ?

Toutefois, la désorientation topographique développementale et son sous-type atopia pourraient peut être soigner avancent les chercheuses. En s’appuyant sur des travaux antérieurs ayant démontré que le sens de la navigation pouvait se développer et s’entretenir comme un muscle, elles ont eu l’idée de développer un programme d'entraînement virtuel pour les patients DTD. D’une durée de six semaines, il a été pensé pour développer leur capacité d'orientation et pour réduire leurs troubles de la navigation.

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES