- Une étude australienne associe la graisse viscérale à un vieillissement biologique plus rapide.
- Ce lien persiste indépendamment de l'IMC ou du tour de taille.
- Réduire cette graisse profonde pourrait contribuer à vieillir en meilleure santé.
Toutes les graisses ne se valent pas. Contrairement à la graisse située sous la peau, la graisse viscérale, qui s'accumule autour des organes de l'abdomen, pourrait accélérer le vieillissement biologique. C'est ce que révèle une nouvelle étude australienne, selon laquelle cette graisse profonde est associée à des signes de vieillissement plus rapides, indépendamment du poids ou de l'indice de masse corporelle (IMC).
Une graisse abdominale aux effets bien particuliers
Publiée dans la revue Obesity, la recherche a été menée par des chercheurs de l'Université d'Australie-Occidentale à partir des données de 4.800 participants âgés de 45 à 69 ans, dont 2.614 femmes, issus de la Busselton Healthy Aging Study. Les scientifiques se sont intéressés à la graisse viscérale, qui entoure les organes internes et qui est connue pour être plus active sur le plan métabolique que la graisse sous-cutanée.
Leurs analyses montrent que des niveaux plus élevés de graisse viscérale sont associés à un vieillissement biologique et cellulaire accéléré, chez les hommes comme chez les femmes. Chez ces dernières, les chercheurs ont également observé un lien avec des télomères plus courts. Ces structures situées à l'extrémité des chromosomes sont considérées comme un marqueur du vieillissement cellulaire.
Les résultats sont particulièrement marquants, car ils persistent même après avoir pris en compte plusieurs facteurs habituellement utilisés pour évaluer le risque lié au surpoids, comme l'IMC, le tour de taille, la masse grasse totale ou encore le mode de vie. "La graisse viscérale est métaboliquement active et sécrète différentes protéines pro-inflammatoires qui favorisent l'inflammation chronique et le stress métabolique", rappelle la Professeure Kun Zhu, qui a participé aux travaux, dans un communiqué.
Un indicateur de santé à surveiller
Si cette étude ne démontre pas un lien de cause à effet, elle renforce l'idée que réduire la graisse abdominale pourrait contribuer à favoriser un vieillissement plus sain. "Comprendre ce qui accélère le vieillissement nous aide à trouver de meilleures façons de rester en bonne santé plus longtemps", conclut la Pr Jennie Hui, directrice du Busselton Health Study Laboratory. L’équipe de chercheurs souligne d’ailleurs que la graisse viscérale peut être mesurée grâce à des techniques d'imagerie déjà utilisées lors de certains examens, notamment les scanners de densité osseuse, et qu’elle peut donc être "dépistée" facilement.


