Aux États-Unis, les noyades sont la principale cause de décès des enfants de 1 à 4 ans. Ces dernières années, ces accidents ont fait davantage de morts : plus de 860 en 2024, contre 750 en 2019. Face à ce constat, l’Académie américaine de pédiatrie a mis à jour ses recommandations pour prévenir les noyades.
Noyade : qui sont les plus à risque ?
Selon leur analyse, les noyades d’enfants de 1 à 4 ans surviennent généralement dans des piscines, lorsqu'ils sont sans surveillance et qu'ils accèdent à l'eau de manière imprévue. "Les adolescents affichent les deuxièmes taux de mortalité par noyade les plus élevés, alertent-ils. Ils se noient généralement dans des plans d'eau naturels. Des situations dangereuses surviennent lorsque les adolescents surestiment leurs capacités de nage, sous-estiment les risques liés au milieu aquatique, adoptent des comportements impulsifs et à risque, ou consomment de l'alcool ou des drogues."
Certains éléments peuvent aussi augmenter la vulnérabilité face à la noyade comme le fait de souffrir d’épilepsie ou de troubles du spectre autistique. Ces experts ont aussi observé des différences socio-démographiques. D’après leurs données, les enfants blancs affichent les taux de noyade les plus élevés parmi tous les enfants âgés de 1 à 4 ans. "Toutefois, au-delà de l'âge de 5 ans, les taux de noyade mortelle sont plus élevés chez les enfants noirs, atteignant un pic entre 10 et 14 ans, développent-ils. Les taux de noyade mortelle sont également systématiquement plus élevés chez les enfants résidant dans des comtés ruraux que chez ceux vivant dans des comtés urbains."
Prévention des noyades : multiplier les approches pour réduire le risque
Afin de réduire le nombre de noyades et de décès, l’Académie américaine de pédiatrie rappelle un principe de base : il n’existe pas de méthode de prévention unique. "Une approche de prévention à plusieurs niveaux reste nécessaire à tout âge", préviennent-ils. Elle repose sur les capacités de nage, la surveillance, la protection et les compétences en sauvetage. "Une surveillance adulte étroite, constante, attentive et compétente constitue un élément fondamental de la sécurité aquatique lorsque des enfants se trouvent dans l’eau ou à proximité, soulignent les spécialistes. Dans 86 % des cas de noyade mortelle chez les enfants de moins de 14 ans, l’enfant avait accédé à l’eau sans autorisation ; 80 % d’entre eux étaient seuls et sans surveillance pendant une durée moyenne de 16 minutes." Les personnes chargées de surveiller la baignade des enfants doivent éviter toute source de distraction et ne pas consommer d’alcool. "La présence de sauveteurs offre une protection supplémentaire, mais ne remplace pas la surveillance assurée par l’adulte responsable", rappellent-ils.
L’Académie américaine de pédiatrie explique que la prévention passe aussi par la compétence aquatique, "qui englobe les connaissances, les attitudes et comportements de sécurité, l'évaluation des risques ainsi que des aptitudes pratiques telles que l'utilisation d'un gilet de sauvetage et la maîtrise de la nage". Pour cette dernière, elle rappelle que tous les enfants devraient apprendre à nager. "L'AAP recommande de commencer les cours de natation après le premier anniversaire de l’enfant, indique-t-elle dans son document. À cet âge, les enfants gagnent en autonomie de déplacement, ce qui accroît le risque d'accès imprévu à l'eau. Il n'existe aucune donnée justifiant de recommander des cours de natation pour les nourrissons."
Pour cette Académie, la prévention de la noyade repose aussi sur la volonté politique. Des normes sur le port du gilet de sauvetage ou une réglementation plus stricte sur les piscines et les barrières de protection peuvent ainsi faire la différence. En France, 925 noyades ont été recensées entre le 1er mai et le 15 juillet. 30 % d’entre elles ont conduit au décès de la victime.


