- Le stress répété, la charge mentale ou l’épuisement peuvent maintenir le système nerveux en vigilance, avec des tensions physiques et une difficulté à ressentir réellement le calme.
- Certaines personnes associent inconsciemment le repos à la culpabilité, à l’inaction ou à une perte de contrôle. L’activité permanente peut aussi servir à éviter des pensées ou émotions difficiles.
- Plutôt que de vouloir "couper" immédiatement toutes les pensées, il est plus utile de commencer par de courtes expériences de calme et d’activités plaisantes.
La capacité à se détendre ne dépend pas uniquement de la volonté. Avoir le sentiment de ne jamais réussir à relâcher la pression, avec un esprit constamment occupé et un corps qui demeure tendu, s'explique par des mécanismes biologiques, psychologiques et émotionnels.
Un organisme qui reste en état d'alerte
La difficulté à se détendre est souvent liée au fonctionnement du système nerveux autonome. Face à un stress répété, à une charge mentale importante ou à une période d'épuisement, le système nerveux sympathique, qui prépare l'organisme à réagir face au danger, peut rester activé plus longtemps que nécessaire.
Le corps continue alors de produire des hormones du stress, comme le cortisol et l'adrénaline. Même installée confortablement dans son canapé, une personne peut ressentir une tension musculaire, un cœur qui bat plus vite ou une impression de rester constamment sur le qui-vive. Le cerveau interprète inconsciemment le relâchement comme une perte de vigilance plutôt que comme une situation de sécurité.
Particulièrement fréquent dans les troubles anxieux, après un burn-out ou à la suite d'événements de vie difficiles, il s'agit d'un mécanisme de protection qui s'est installé avec le temps.
Quand le repos devient inconfortable
Au-delà des réactions biologiques, certaines personnes ont appris, parfois depuis l'enfance, que leur valeur dépendait de leur capacité à être performantes, utiles ou disponibles en permanence. Dans ce contexte, ne rien faire peut rapidement provoquer un sentiment de culpabilité.
Pour d'autres, l'activité est devenue une façon d'éviter des émotions ou des pensées difficiles. Plus on est habitué à gérer des urgences au quotidien, plus les moments de repos, le silence ou le calme peuvent paradoxalement faire apparaître de l'anxiété plutôt qu'un sentiment de soulagement. Sans les sollicitations habituelles, les inquiétudes jusque-là mises de côté remontent à la surface.
Avec le temps, le cerveau associe l'action permanente à un sentiment de sécurité, alors qu'à l'inverse, les moments de repos deviennent inhabituels, voire inconfortables.
Retrouver progressivement le chemin de l'apaisement
Heureusement, le cerveau possède une grande capacité d'adaptation et peut progressivement retrouver un fonctionnement plus équilibré. Il est souvent préférable de commencer par de courtes pauses agréables plutôt que de vouloir s'imposer une longue séance de relaxation : une promenade, quelques minutes de respiration, la lecture, le jardinage ou toute autre activité plaisante peuvent permettre au système nerveux de réapprendre que le calme est une situation sûre. L'objectif n'est pas de supprimer immédiatement toutes les pensées, mais de créer progressivement des expériences positives associées au repos.
Si cette tension permanente s'accompagne d'insomnies, d'une fatigue importante, d'une anxiété envahissante ou d'un retentissement sur la vie personnelle et professionnelle, il est important d'en parler à un professionnel de santé.
En savoir plus : "Le piège du bonheur" de Russ Harris.


