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Cerveau

Arrêter de fumer pourrait aussi protéger votre mémoire

Une vaste étude menée sur près de 33.000 adultes montre que l'arrêt du tabac est associé à un risque plus faible de démence, mais seulement à une condition : ne pas prendre trop de poids à la suite du sevrage.

Arrêter de fumer pourrait aussi protéger votre mémoire Daria Kulkova / istock




L'ESSENTIEL
  • Arrêter de fumer est associé à une baisse de 16 % du risque de démence.
  • Le bénéfice augmente avec les années et devient proche de celui des non-fumeurs après sept ans.
  • Une prise de poids importante après le sevrage pourrait atténuer cet effet protecteur.

Une autre bonne raison que votre dernière cigarette soit vraiment la dernière. Dans une vaste étude publiée dans la revue Neurology, une équipe de chercheurs a mis en évidence que les personnes qui arrêtent de fumer présentent un risque plus faible de souffrir de troubles de la mémoire et de développer une démence. A une condition, toutefois : éviter une prise de poids importante après le sevrage tabagique.

Un seuil crucial après 7 ans de sevrage du tabac

Les scientifiques ont analysé, sur une période de vingt ans, l'évolution des habitudes tabagiques, du poids et des capacités cognitives chez près de 33.000 adultes âgés en moyenne de 61 ans, dans le cadre de la Health and Retirement Study. Au cours du suivi, plus de 5.800 participants ont développé une maladie d'Alzheimer ou une autre forme de démence.

Après avoir pris en compte l'âge, l'activité physique et les maladies cardiovasculaires, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant arrêté de fumer présentaient un risque de démence inférieur de 16 % à celui des fumeurs qui continuaient la cigarette. Plus le temps écoulé depuis le sevrage était long, plus le bénéfice augmentait, jusqu'à devenir proche de celui des personnes n'ayant jamais fumé après environ sept ans.

La prise de poids peut réduire le bénéfice

Les chercheurs ont toutefois identifié un élément important : l'évolution du poids après le sevrage. Les participants ayant pris peu ou pas de poids (jusqu'à 5 kg) conservaient une diminution du risque de démence et un déclin cognitif plus lent. En revanche, ceux ayant pris au moins 10 kg ne semblaient plus bénéficier de cet avantage sur le plan cognitif. "Les personnes s'inquiètent souvent de ce qui se passe après l'arrêt du tabac, notamment de la prise de poids, explique Hui Chen, chercheuse à la Zhejiang University School of Medicine, en Chine, dans un communiqué. Nos résultats montrent que l'arrêt du tabac reste associé à une meilleure santé cérébrale, mais que le maintien du poids pourrait contribuer à préserver ces bénéfices."

Pourquoi le tabac nuit-il au cerveau ?

Cette étude ne démontre pas un lien de cause à effet, mais confirme une association déjà observée dans plusieurs travaux. Le tabac favorise les maladies vasculaires et réduit l'apport en oxygène au cerveau. Il alimente également une inflammation chronique, un phénomène de plus en plus impliqué dans le développement de la maladie d'Alzheimer. Certaines recherches suggèrent enfin que la cigarette pourrait accélérer l'accumulation des protéines bêta-amyloïde et tau, caractéristiques de cette maladie neurodégénérative.

"Nos résultats soulignent l'importance du sevrage tabagique dans la prévention de la démence chez les fumeurs", concluent les auteurs. En France, le tabagisme est en recul, mais il reste un enjeu majeur de santé publique. Selon l'Institut national du cancer, 24 % des 18-79 ans déclarent fumer aujourd'hui, soit près de 4 millions de fumeurs quotidiens de moins qu'en 2014.

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