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Inflammation

Bientôt un médicament pour prévenir le cancer du poumon ?

Une enzyme liée à l’inflammation pourrait devenir une nouvelle cible thérapeutique pour prévenir certains cancers du poumon. Chez la souris, son inhibition a fortement réduit les tumeurs.

Bientôt un médicament pour prévenir le cancer du poumon ? pada smith / istock




L'ESSENTIEL
  • Le MIT a identifié la caspase-1 comme une cible potentielle de prévention du cancer du poumon.
  • Son inhibition a réduit les tumeurs chez des souris à haut risque.
  • Des essais chez l’humain seront nécessaires pour confirmer cette stratégie.

Et si l'on pouvait agir avant même que la tumeur apparaisse ? Aux Etats-Unis, des chercheurs du MIT ont identifié une enzyme, la caspase-1, particulièrement active lors des premières étapes du cancer du poumon. Chez la souris, son inhibition a nettement réduit le nombre et la taille des tumeurs. Cela pourrait devenir une piste prometteuse pour prévenir la maladie chez les personnes à haut risque, alors que le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France, avec plus de 30.000 décès annuels.

Une inflammation qui pourrait préparer le terrain

Le tabagisme reste le principal facteur de risque du cancer du poumon, mais il n'explique pas tous les cas. Des personnes n'ayant jamais fumé développent également la maladie. D'où l'intérêt d'une stratégie dite d'"interception du cancer" : identifier les individus à risque et intervenir avant la formation des tumeurs.

Cette approche s'appuie notamment sur l’essai clinique CANTOS, mené en 2017. Comme le rapportent les chercheurs du MIT dans Science Advances, cet essai, consacré aux maladies cardiovasculaires, avait montré qu'un anticorps bloquant l'interleukine-1 bêta (IL-1β), une molécule inflammatoire, était associé à moins de cancers du poumon chez certains participants. L'équipe a alors cherché quelles enzymes pouvaient activer cette voie. "Nous savons que les protéases [un type d’enzyme, ndlr] sont très importantes dans l'inflammation, et nous voulions déterminer lesquelles étaient les plus actives au début du développement du cancer du poumon", explique Cathy Wang, coautrice des travaux, dans un communiqué.

L’enzyme caspase-1 dans le viseur

Les chercheurs ont utilisé des nanosenseurs pour repérer l'activité de différentes protéases dans les poumons de souris prédisposées aux tumeurs. Ils ont observé que chez les animaux non traités, la caspase-1 était très active, principalement dans les tumeurs. Elle l'était beaucoup moins chez les souris ayant reçu un traitement bloquant l'IL-1β. L'équipe a donc ensuite testé directement un inhibiteur de la caspase-1 : celui-ci a réduit la taille et le nombre des tumeurs. Avec l'association de cet inhibiteur et de l'anticorps anti-IL-1β, près de 20 % des souris n'ont jamais développé de tumeur.

Des analyses portant sur un petit nombre d'échantillons humains vont dans le même sens : l'activité de la caspase-1 était plus élevée dans le liquide pulmonaire de patients atteints d'un cancer que chez des donneurs sains, selon les chercheurs du MIT. Autre avantage : ces inhibiteurs de la caspase-1 peuvent être pris par voie orale. Certains ont même déjà été évalués dans des essais cliniques contre la polyarthrite rhumatoïde et d'autres maladies.

Un médicament déjà testé chez l'humain

"Ce qui est particulièrement intéressant avec cet inhibiteur de la caspase-1, c'est qu'il a déjà été testé chez des échantillons humains et pourrait potentiellement être réutilisé pour prévenir le cancer", souligne la professeure Sangeeta Bhatia, qui a dirigé l’étude. Mais attention : ces résultats restent préliminaires et proviennent surtout de modèles animaux. Des essais cliniques plus poussés sur l’Homme devront ainsi confirmer si cette stratégie peut réellement prévenir le cancer du poumon chez les personnes à haut risque.

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