- Les soins de kinésithérapie ont coûté 5,3 milliards d’euros en 2025.
- L’Assurance maladie étudie plusieurs pistes pour réduire les dépenses et mieux répartir les kinés.
- Le remboursement pourrait évoluer, mais aucune mesure n’est encore actée.
Vos prochaines séances de kinésithérapie pourraient bientôt vous coûter un peu plus. Face à une facture qui atteint des records, l’Assurance maladie cherche des solutions pour réduire les coûts. Rien n’est encore acté, mais plusieurs pistes pourraient modifier le remboursement et l’organisation des soins.
Une facture qui ne cesse de grimper
Selon les données rapportées par TF1, l’Assurance maladie a consacré 5,3 milliards d’euros aux soins de kinésithérapie en 2025. En dix ans, ces dépenses ont progressé de 4 % par an en moyenne. Une évolution que l’Assurance maladie met notamment en regard du vieillissement de la population et de besoins de soins croissants. Dans le même temps, le nombre de kinésithérapeutes a fortement augmenté : 84.500 professionnels en 2025, soit 37 % de plus qu’il y a dix ans, toujours selon les données citées par TF1. Pourtant, cette hausse des effectifs ne profite pas de la même manière à tous les territoires.
La France compte en moyenne 120 kinés pour 100.000 habitants, mais les écarts sont spectaculaires. La Seine-Saint-Denis n’en compte que 47, contre 269 dans les Hautes-Alpes. Et près de 30 % de la population vit ainsi dans une zone insuffisamment pourvue. Pour corriger cette répartition, l’Assurance maladie envisage notamment de mieux orienter les nouveaux professionnels. Dès 2027, les nouveaux entrants pourraient être incités à exercer dans un Ehpad, un hôpital ou un territoire considéré comme un désert médical.
L’objectif est aussi de revoir le fonctionnement actuel, qui se résume par une logique simple : une séance effectuée, une séance remboursée. Parmi les pistes étudiées figurent une limitation du nombre de séances pour certaines pathologies, une évolution du tarif au cours du traitement ou encore la possibilité de faire payer certains soins au forfait.
Un système "triplement perdant" ?
Le changement ne concernerait donc pas nécessairement tous les patients ni toutes les pathologies. Il s’agit plutôt, pour l’Assurance maladie, de mieux adapter les soins aux besoins réels. "L’idée, c’est de réussir à offrir le meilleur soin à la bonne personne, au bon moment", explique à TF1 Arnaud Barbier, vice-président de la Fédération des syndicats de kinésithérapeutes. Il ajoute : "C'est aussi à nous de répondre à la population en termes de pathologies. Notamment les nouvelles pathologies lourdes qui apparaissent."
Un autre paradoxe concerne les professionnels eux-mêmes. Alors que les dépenses remboursées ont fortement augmenté, leurs revenus n’auraient progressé que de 0,6 % en dix ans, selon les données citées par TF1 et l’Assurance maladie. La Sécurité sociale parle ainsi d’un système "triplement perdant" : une facture croissante pour l’Assurance maladie, un accès très inégal pour les patients et des revenus qui stagnent pour les kinésithérapeutes.


