- Les femmes atteintes de maladie rénale chronique sont plus souvent non diagnostiquées, moins dépistées et moins orientées vers des soins adaptés que les hommes, même quand leurs résultats sont similaires.
- De plus, elles représentent moins de la moitié des participants aux essais cliniques, ce qui fait que certains traitements sont insuffisamment testés chez les femmes, avec des effets parfois différents.
- Les chercheurs appellent ainsi à intégrer systématiquement les différences liées au sexe dans la recherche et les soins.
La maladie rénale chronique, caractérisée par une diminution du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l'organisme, touche déjà 844 millions d'adultes dans le monde et devrait devenir la cinquième cause de décès à l'échelle mondiale d'ici 2040. Pourtant, celle-ci est "l'une des affections les moins bien diagnostiquées au monde" et une nouvelle étude, parue dans la revue The Lancet, montre que "les femmes subissent un désavantage supplémentaire." Afin de parvenir à ce constat inquiétant, des chercheurs de l’université de Glasgow (Royaume-Uni) ont examiné la complexité des différences liées au sexe dans le contexte de la santé et des maladies rénales, depuis les aspects biologiques jusqu'aux caractéristiques cliniques, en passant par le traitement, la production de données probantes et leur publication.
Maladies rénales : les femmes touchées sont moins souvent dépistées et traitées
Selon leur analyse, les femmes atteintes d'une maladie rénale chronique sont moins susceptibles que les hommes d'être diagnostiquées, d'être représentées dans la recherche et de recevoir des traitements ayant été testés sur elles. "Même lorsque les signes sont présents, elles sont moins susceptibles d'être dépistées, d'être orientées vers un spécialiste et de recevoir les traitements dont elles ont besoin", ont signalé les scientifiques. Des travaux australiens examinés par les auteurs ont montré que les femmes représentaient moins de 45 % des participants aux essais cliniques sur les maladies rénales. Ce chiffre tombe à une femme sur trois dans les essais récents portant sur certaines des nouvelles classes de médicaments les plus importantes en néphrologie. "Aucun essai majeur sur les maladies rénales n'a jamais ventilé ses résultats de sécurité selon le sexe pour déterminer si un médicament présente le même profil de sécurité pour les femmes et pour les hommes. Par conséquent, pour de nombreux traitements actuellement utilisés en Australie et dans le monde, les risques et les avantages pour les femmes demeurent tout simplement inconnus."
Intégrer systématiquement l'étude des différences liées au sexe
Face à ces résultats, l’équipe appelle à ne pas continuer à traiter la maladie rénale comme une affection pour laquelle une approche unique convient à tous. "Nous disposons aujourd'hui de meilleurs traitements contre les maladies rénales qu'à n'importe quelle autre époque, mais les femmes ne bénéficieront pas équitablement de ces avancées tant que nous ne modifierons pas fondamentalement notre façon de concevoir la recherche, d'analyser les données et de prodiguer les soins. Il s'agit d'un appel lancé à tous les acteurs du système pour que les différences liées au sexe deviennent un élément incontournable de notre approche de la santé rénale", a déclaré Sradha Kotwal, qui a participé à l’étude.



