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Maladie rénale

Insuffisance rénale : la maladie touche aussi le cerveau

Ce dysfonctionnement des reins peut entraîner des complications neurologiques dont des troubles cognitifs mais aussi des accidents vasculaires cérébraux. 

Insuffisance rénale : la maladie touche aussi le cerveau Carmen Ruiz alonso/istock

  • Publié le 29.06.2026 à 12h55
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L’insuffisance rénale est une destruction progressive des reins. Mais cette maladie chronique peut avoir des conséquences sur d’autres organes. Dans The Conversation, Mickaël Bobot, maître de conférence et praticien hospitalier en néphrologie, à l’université d’Aix-Marseille Université (AMU), explique comment la pathologie peut nuire à la santé cérébrale. 

Des troubles cognitifs corrélés à la gravité de l’insuffisance rénale 

"Les complications associées à l’insuffisance rénale découlent de la variété des fonctions remplies par les reins", alerte l’Inserm. Ils ont notamment pour rôle de filtrer le sang pour éliminer les déchets, d’équilibrer les taux de sels minéraux nécessaires à l’organisme, de produire des hormones et des enzymes, ou encore de réguler la pression artérielle. "Initialement silencieuse, la maladie rénale évolue plus ou moins rapidement (souvent en fonction de la cause sous-jacente), en quelques jours ou en plusieurs années, alerte Mickaël Bobot. Les symptômes n’apparaissent qu’aux stades les plus sévères. Parmi ceux-ci figurent des complications neurologiques qui se manifestent généralement par des oublis répétés (notamment des traitements), des difficultés à gérer les actes de la vie quotidienne (argent, tâches ménagères), un ralentissement cognitif et des difficultés de concentration." Selon ce spécialiste, ces symptômes cognitifs sont corrélés à la maladie rénale : plus elle est grave, plus ils deviennent sévères. "Au stade de la dialyse, ils peuvent concerner jusqu’à 70 % des patients insuffisants rénaux, et avoir un impact majeur sur leur autonomie et leur qualité de vie", prévient-il. À terme, cela peut conduire à la démence.

L’insuffisance rénale a une autre conséquence neurologique : elle est associée à une hausse du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). "Les AVC survenant chez les patients insuffisants rénaux sont aussi plus graves et grevés d’une plus faible chance de récupération neurologique ainsi que d’une plus grande mortalité", souligne le chercheur.

Comment expliquer le lien entre santé rénale et santé cérébrale ?

Avec d’autres scientifiques, il a travaillé sur les liens entre rein et cerveau pour mieux comprendre ces effets cognitifs. Selon leurs conclusions, cela pourrait être lié à la dégradation de la barrière hémato-encéphalique, des couches de cellules destinées à protéger le cerveau. Ses capacités de protection pourraient être réduites à cause des effets de l’insuffisance rénale sur la circulation sanguine. "Le cerveau et le rein sont très dépendants d’une microcirculation sanguine finement régulée, explique-t-il. Or, on sait qu’une maladie rénale fragilise beaucoup les cellules des vaisseaux sanguins, en particulier ceux du cerveau." Aussi, la maladie des reins contribue à l’inflammation sanguine, qui peut entraîner une perméabilité de la barrière hémato-encéphalique. "Au cours de la maladie rénale, le rein élimine moins bien les déchets. Ces derniers, appelés ‘toxines urémiques’, s’accumulent dans la circulation sanguine, poursuit le chercheur. Certaines d’entre elles ont un effet néfaste sur les vaisseaux du cerveau, ce qui peut là encore participer à fragiliser la barrière hémato-encéphalique."

Mieux repérer l’insuffisance rénale pour mieux prévenir ses effets cognitifs 

Face à ces différents risques, Mickaël Bobot appelle à mieux dépister les complications cérébrales chez les patients souffrant de maladie rénale. "Plus ces troubles sont pris en charge précocement, plus leur prise en charge sera efficace", rappelle-t-il. Il souligne aussi l’importance de détecter la maladie rénale suffisamment tôt, pour protéger les reins mais aussi "les capacités cognitives de millions de personnes". En France, l’Inserm estime qu’environ 1,6 millions de personnes souffrent d’insuffisance rénale. 

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