- Les tests de la maladie de Lyme actuels ne sont pas très efficaces pour détecter l'infection aux premiers stades.
- Des chercheurs ont découvert des biomarqueurs qui pourraient faciliter le diagnostic.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires avant le développement d'un test.
La maladie de Lyme, infection due à la bactérie Borrelia burgdorferi transmise lors d’une morsure de tique, est beaucoup plus facile à traiter lorsqu'elle est prise en charge précocement. Malheureusement, les tests actuellement disponibles pour la repérer ne sont pas très efficaces lorsque l’infection est dans ses premiers stades. Mais les chercheurs de la faculté de médecine de l’université Tufts ont fait une découverte qui pourrait grandement faciliter le diagnostic. Ils ont identifié des biomarqueurs de la borréliose de Lyme.
De biomarqueurs de la maladie de Lyme identifier
Lors de précédents travaux, l’auteur principal de l’étude Peter Gwynne a remarqué que les bactéries responsables de la maladie de Lyme entraînent la production d'anticorps dirigés contre certains lipides de l’organisme. "Contrairement aux anticorps utilisés dans les tests de dépistage actuels de la borréliose de Lyme, ces anticorps anti-lipides apparaissent dès les premiers stades de l'infection et diminuent après un traitement efficace", explique l’auteur. Partant de cette découverte, il a voulu savoir si ces anticorps pouvaient aider à repérer les personnes infectées dès les premiers stades de la maladie.
Le chercheur et ses collègues ont ainsi analysé des échantillons sanguins de 199 personnes atteintes de la maladie de Lyme. Certaines présentaient des symptômes persistants, des mois, voire des années, après le traitement. L’équipe a suivi l’évolution des taux d’anticorps anti-lipides. Ils les ont comparés à ceux de volontaires en bonne santé et patients souffrant d’affections présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie de Lyme comme le lupus, la sclérose en plaques, la fibromyalgie, le covid long et le syndrome de fatigue chronique.
Les analyses ont permis d'identifier trois anticorps anti-lipides présents en grande quantité chez les personnes touchées par la maladie de lyme. "Deux de ces anticorps - les anticorps anti-acide phosphatidique (αPA) et anti-phosphatidylsérine (αPS) - étaient élevés au moment du diagnostic, même chez certains patients dont les tests standard de dépistage de la borréliose de Lyme étaient encore négatifs, ce qui suggère qu'ils pourraient contribuer à un diagnostic plus précoce", indiquent les auteurs dans leur communiqué. Les malades présentant des signes du trouble persistant après le traitement étaient également plus susceptibles d’avoir des taux d'αPS élevés plusieurs mois plus tard.
Les personnes en bonne santé et celles touchées par les autres affections étudiées n’avaient pas des taux aussi élevés d'αPS.
Des recherches supplémentaires avant un test
Face à ces résultats, les scientifiques estiment que ces anticorps sont des biomarqueurs de la maladie de Lyme intéressants. "Ils pourraient également aider les cliniciens à mieux identifier les patients qui continuent de présenter des symptômes d'infection après le traitement et, potentiellement, à découvrir de nouvelles cibles", avancent-ils dans leur étude publiée dans la revue Infection and Immunity.
Toutefois, les chercheurs soulignent que ces résultats ne permettent pas encore de valider un nouveau test. Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer la précision avec laquelle ces marqueurs identifient l'infection et prédisent les symptômes à long terme.



