- De minuscules animaux marins, appelé des Ascidies, produisent une toxine capable de détruire les cellules cancéreuses du mélanome.
- Ils se trouvent dans l'Antarctique.
- Une équipe a été cherchée des échantillons dans les fonds marins glacés.
Les eaux glacées et profondes de l'Antarctique nous paraissent inhospitalières, et pourtant une faune importante est parvenue à y prospérer. Elle cache d’ailleurs un potentiel traitement contre le mélanome, selon des travaux conjoints d’University of South Florida (USF), de Desert Research Institute (DRI) et de Scripps Institution of Oceanography (SIO)
Lors d’une expédition de six semaines dans cette zone reculée de la planète, les chercheurs ont étudié de minuscules animaux marins, appelés des Ascidies qui produisent une toxine capable de détruire les cellules cancéreuses du mélanome.
Mélanome : la toxine produite par les Ascidies peut détruire les cellules cancéreuses
Les ascidies étudiées lors de cette expédition sont connues pour abriter un composé toxique qui détruit les cellules cancéreuses du mélanome sans nuire aux cellules humaines saines. Ces petits animaux vivent à des profondeurs comprises entre 18 et 24 mètres, souvent le long de fonds marins inclinés ou verticaux où les courants marins sont forts. Il n’est donc pas simple de les observer et encore moins de les récupérer.
"En moyenne, nos plongées duraient entre 25 et 35 minutes, à une profondeur maximale de 40 mètres", explique Ben Meister de l'USF dans un communiqué. "Mais en Antarctique, il faut composer avec la glace, les phoques léopards, une mer changeante et une visibilité parfois très réduite. Chaque plongée doit être soigneusement planifiée afin de concilier efficacité et sécurité de tous."
Si les propriétés anti-cancer des bactéries des ascidies de l'Antarctique sont connues depuis 20 ans, l’expédition de 2026 avait pour objectif de mieux comprendre ce composé et déterminer comment il pourrait être utile aux patients souffrant d’un mélanome.
Les premiers essais sont encourageants. Bill Baker, professeur de chimie à l'USF et découvreur de la toxine étudiée, a pu la tester sur des souris. "La bonne nouvelle, c'est que la (toxine de l’ascidie) n'a pas tué les souris" a-t-il confié au Guardian. "Elle a tué leur cancer, nous savons donc qu'elle a les propriétés physiologiques pour agir comme un médicament. Nous avons besoin de grammes de matériel pour faire une étude plus importante sur des souris, peut-être aller dans d'autres modèles animaux, et si nous pouvons prouver la sécurité, nous pourrons réellement commencer des essais humains."
Encore de nombreuses années de travail
Les échantillons récoltés pendant l’expédition dans l'Antarctique ont été partagés entre plusieurs équipes. Elles vont réaliser une série d’analyses afin de comprendre l’action de la toxine et comment la reproduire afin de pouvoir à terme développer un traitement.
"Ces recherches sont importantes tant sur le plan environnemental que médical”, explique Bill Baker. "Nous découvrons comment les organismes utilisent la symbiose pour survivre dans des conditions extrêmes, un phénomène encore largement méconnu dans les écosystèmes d'eau froide comme l'Antarctique. Comprendre l'origine et la fonction de ce composé est essentiel si nous voulons envisager de le transformer en médicament."



