- Des scientifiques ont conçu un système de micro-tatouage temporaire muni de micro-aiguilles et de nanoparticules.
- Ce dispositif détecte de minuscules variations de température à la surface de la peau, signe possible d’un micromélanome encore invisible à l’œil humain.
- Chez des souris, il a permis de détecter des mélanomes très petits, mais néanmoins agressifs, dès l’âge de quatre jours.
La détection précoce d'un mélanome est indispensable, car elle offre une meilleure chance de guérison. Pour repérer le plus tôt possible toute lésion suspecte, l’auto-examen de la peau est recommandé une fois tous les trois mois. Un professionnel de santé (dermatologue, infirmier, kinésithérapeute…) peut également examiner l’épiderme des patients. Cependant, certaines lésions cancéreuses "échappent souvent à l’examen visuel clinique et passent sous le radar", a signalé Jinyang Liang, spécialisé en imagerie ultrarapide et en biophotonique. C’est pourquoi il a avec des scientifiques des universités de Montréal, du Québec et de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) tenté de trouver une solution pour détecter les micromélanomes, "un stade où ils sont généralement beaucoup trop petits pour être identifiés par les techniques d'imagerie classiques."
Un "tatouage intelligent" temporaire produisant une cartographie thermique détaillée
Lors d’une étude, publiée dans la revue Nature Sensors, les auteurs ont développé un système de haute technologie, appelé SMEAR‑ULM, capable de mesurer de minuscules variations de température à la surface de la peau. Dans un communiqué, ils expliquent que cette méthode intègre des réseaux de micro-aiguilles indolores qui déposent des nanoparticules spécialisées juste sous la surface de la peau. Ces nanoparticules forment un "tatouage intelligent" temporaire qui agit comme un réseau de thermomètres microscopiques. "Lorsqu’elles sont exposées à une lumière proche infrarouge, ces nanoparticules émettent une lumière visible. La durée de cette émission dépend directement de la température locale. Comme les cellules cancéreuses consomment davantage d’oxygène et de nutriments que les cellules saines, elles produisent plus de chaleur, ce qui permet de déceler ces anomalies par voie optique." Par la suite, le dispositif produit une cartographie thermique avec toutes les informations capturées par un système d’imagerie ultrarapide.
Des micromélanomes détectés chez des souris dès l’âge de quatre jours
Pour tester l’efficacité de ce "tatouage intelligent", l’équipe a mené des expériences sur des souris, car elles reproduisent les modifications génétiques observées dans les mélanomes humains. Dès l’âge de quatre jours, les scientifiques ont réussi à détecter des micromélanomes avec le système SMEAR‑ULM alors que les méthodes d'imagerie thermique conventionnelles ne détectent généralement que les tumeurs de plus de 5 millimètres, à savoir des lésions déjà visibles à l'œil nu. "Cette avancée majeure transforme efficacement la température cutanée, d'indicateur secondaire, en un biomarqueur diagnostic précis pour le mélanome à un stade précoce", ont conclu les chercheurs.



