- Les erreurs de navigation lors d'un exercice en réalité virtuelle peuvent révéler des changements cérébraux liés à la maladie d'Alzheimer avant l'apparition des symptômes.
- Plus le taux d'erreurs étaient importants, plus l'amincissement cortical et la perte de volume étaient importants.
- Les erreurs d'orientation étaient aussi associés aux biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer.
La réalité virtuelle est une technologie de plus en plus présente dans notre quotidien. La plupart d’entre nous la connaissent à travers les jeux et les événements ludiques, mais elle pourrait aussi aider à diagnostiquer la maladie d’Alzheimer !
Des chercheurs de Fujita Health University (Japon) ont découvert que les erreurs de navigation dans les univers en réalité virtuelle peuvent révéler des modifications structurelles cérébrales liées à la maladie d’Alzheimer. Leurs travaux ont été présentés dans la revue Alzheimer's Research & Therapy, le 20 avril 2026.
Cerveau : la réalité virtuelle pour évaluer les capacités d’orientation
L'hippocampe et le cortex entorhinal font partie des premières régions du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer. Ces zones étant essentielles à la navigation spatiale, les chercheurs japonais se sont demandé si les capacités d’orientation pouvaient être un indicateur précoce de la maladie neurodégénérative. Ils se sont notamment intéressés à l'intégration de chemin. C'est-à-dire la capacité du cerveau à suivre sa position et sa direction grâce à des repères internes tels que le mouvement et l'équilibre.
Pour l’évaluer, les chercheurs ont suivi 71 adultes âgés de plus de 40 ans sans troubles cognitifs pendant environ un an. Au début de l'étude, les participants ont réalisé une tâche de navigation immersive en réalité virtuelle conçue pour évaluer leurs capacités d'intégration de chemin. Ils évoluaient dans un environnement virtuel circulaire puis devaient visiter deux points de contrôle, ensuite retourner à leur point de départ sans repères visuels.
Deux éléments ont été mesurés pendant ces tests : l’erreur d’intégration de chemin (distance par rapport au point de départ réel) et l’erreur angulaire (déviation directionnelle). De plus, des images par résonance magnétique (IRM) ont été analysées afin d’évaluer les modifications structurelles telles que l’épaisseur et le volume corticaux longitudinaux. Des analyses sanguines étaient également réalisées rechercher des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer comme la protéine tau et la protéine gliale fibrillaire acide.
Alzheimer : les performances avec la réalité virtuelle sont un indicateur précoce de la maladie
Les analyses ont montré que les participants affichant le plus d’erreurs d’intégration de chemin, présentaient un amincissement cortical et une perte de volume plus importants au cours du suivi. "Ces modifications ont été observées dans des régions cérébrales connues pour être vulnérables aux stades précoces de la maladie d'Alzheimer, notamment le gyrus parahippocampique, le gyrus temporal moyen, le cortex cingulaire postérieur et le gyrus frontal moyen caudal", ajoutent les auteurs.
L’erreur angulaire a montré des profils d'association similaires, tout en présentant des effets liés à l'âge plus faibles. Ce qui confirme la robustesse des mesures basées sur la navigation.
Les performances en navigation étaient étroitement liées aussi aux biomarqueurs de la maladie neurodégénérative. “Ceci indique que les déficits de navigation ne sont pas de simples différences de performance, mais reflètent des changements neurodégénératifs sous-jacents”. En effet, le nombre d’erreurs d’intégration du chemin a permis aux chercheurs d'identifier avec une grande précision les volontaires présentant le déclin cérébral le plus rapide.
"Nos résultats suggèrent que les performances d'orientation avec la réalité virtuelle reflètent des signatures à la fois moléculaires (biomarqueurs sanguins) et structurelles (IRM) qui apparaissent avant même l'apparition de troubles cliniques manifestes", explique le Dr Kawabata, auteur de l’étude, dans un communiqué. Puis, il ajoute : "notre approche pourrait permettre une identification plus précoce du risque de maladies neurodégénératives, notamment la maladie d'Alzheimer. À plus long terme, elle pourrait contribuer à une détection plus précoce, permettant potentiellement des interventions thérapeutiques opportunes aux stades précliniques et retardant la progression de la maladie, préservant ainsi les fonctions cognitives et la qualité de vie."



