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Oncologie

Dépistage du cancer de la prostate : une baisse des décès enfin confirmée ?

Une récente étude montre que le dépistage systématique du cancer de la prostate, par dosage du PSA, fait "probablement" reculer la mortalité globale et spécifique à la maladie.

Dépistage du cancer de la prostate : une baisse des décès enfin confirmée ? Kitsawet Saethao/iStock




L'ESSENTIEL
  • Le dépistage du cancer de la prostate reste controversé, car les deux examens, le toucher rectal et le dosage du PSA, sont insuffisamment fiables.
  • Selon une nouvelle étude, ce dernier réduit "probablement" la mortalité spécifique au cancer de la prostate et la mortalité globale.
  • "Nous n'avons pas trouvé de données suffisantes concernant les risques potentiels du dépistage, tels que les complications liées à la biopsie et au traitement", d’après les chercheurs.

Pour dépister le cancer de la prostate, le plus fréquent chez les hommes, deux examens sont possibles : le toucher rectal (introduction d’un doigt ganté dans le rectum) et le dosage du PSA (antigène sécrété par cette glande de l'appareil génital masculin) via une prise de sang. D’après l’Assurance Maladie, le bénéfice du dépistage du cancer de la prostate n’est pas clairement démontré, car un toucher rectal normal, permettant de détecter que des tumeurs palpables, n’exclut pas un cancer et un dosage élevé du PSA ne signifie pas toujours qu'il y a un cancer. "Il n’est pas certain que ce dépistage permette d’éviter des décès liés au cancer de la prostate. Les deux plus grandes études scientifiques internationales présentent des conclusions contradictoires sur ce point", précise l’Assurance Maladie.

789.086 hommes ont bénéficié des deux examens de dépistage de cancer de la prostate

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Cochrane, des chercheurs ont voulu évaluer les effets du dépistage systématique du cancer de la prostate par rapport à l'absence de dépistage chez les hommes sans antécédent de tumeur. Pour ce faire, ces derniers ont effectué des recherches dans la bibliothèque Cochrane, MEDLINE, Embase, cinq autres bases de données et deux registres d'essais cliniques, depuis leur création jusqu'en novembre 2025. Les travaux inclus portaient au total sur 789.086 hommes, âgés de 45 à 80 ans, provenant d’Europe et d’Amérique du Nord. Cinq essais ont comparé le dosage de l'antigène prostatique spécifique (PSA), avec ou sans toucher rectal, aux soins habituels sans dépistage systématique du PSA. Les critères d'évaluation principaux étaient la mortalité spécifique au cancer de la prostate, la mortalité globale et les événements indésirables.

Cancer de la prostate : le dépistage réduit "probablement" la mortalité

Le dépistage augmente probablement le nombre de diagnostics de cancer de la prostate, y compris les cancers localisés (stades I et II). Il pourrait réduire le diagnostic de cancer de la prostate métastatique. Selon les résultats, le dépistage entraîne "probablement" une réduction de la mortalité spécifique au cancer de la prostate. "En supposant un risque de base de 16 décès liés au cancer de la prostate pour 1.000, cela correspond à 2 décès de moins pour 1.000." Bien que l’effet soit faible, le dépistage pourrait réduire la mortalité globale. Il peut entraîner peu ou pas de différence en matière de qualité de vie. "Nous n'avons pas trouvé de données suffisantes concernant les risques potentiels du dépistage, tels que les complications liées à la biopsie et au traitement", ont conclu les scientifiques.

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