- Une étude britannique montre que certains polluants modifient le fonctionnement du cerveau et des poumons après seulement une heure d’exposition.
- Les effets varient selon l’origine de la pollution, même lorsque les niveaux de particules sont identiques.
- Ces résultats renforcent les inquiétudes sur le lien entre pollution de l’air et risque de démence.
Respirer un air vicié pourrait avoir des effets bien plus rapides qu’on ne l’imaginait. Une nouvelle étude menée par des chercheurs britanniques révèle que certains polluants, présents aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des habitations, peuvent modifier le fonctionnement du cerveau et des poumons après seulement une heure d’exposition. Des résultats qui relancent les inquiétudes sur le lien entre pollution de l’air et risque de démence.
Un mix de différents polluants
Les travaux, publiés dans la revue npj Clean Air, montrent que toutes les formes de pollution ne provoquent pas les mêmes réactions dans l’organisme. "Le corps ne réagit pas de la même manière à toutes les pollutions de l’air, explique Gordon McFiggans, l’un des chercheurs impliqués dans l’étude, dans un communiqué. La source et la composition de la pollution comptent réellement." Les scientifiques rappellent que la pollution peut atteindre le cerveau de deux façons : directement, lorsque des particules fines présentes dans l’atmosphère pénètrent dans le système nerveux, ou indirectement, via une inflammation des poumons qui finit par affecter le cerveau.
Pour mieux comprendre ces effets, les chercheurs ont réalisé une étude clinique en double aveugle sur 15 volontaires en bonne santé. Les participants ont été exposés à différents mélanges de pollution : air pur, fumées de diesel, fumée de bois, émissions de cuisson et aérosols issus du limonène, un composé parfumé présent dans de nombreux produits ménagers. Après une exposition de 60 minutes suivie d’une pause de quatre heures, les chercheurs ont évalué plusieurs fonctions cognitives : mémoire de travail, attention, vitesse de réaction ou encore contrôle moteur.
Les résultats ont surpris les scientifiques. Le limonène a provoqué les effets les plus importants sur la fonction respiratoire, devant la fumée de bois et les gaz d’échappement diesel. Côté cerveau, les réactions étaient plus complexes. Certaines pollutions semblaient temporairement améliorer la vitesse de traitement de l’information, tandis que les émissions diesel montraient des signes d’altération des fonctions exécutives, essentielles à la prise de décision et à l’organisation.
Une menace potentielle pour le cerveau à long terme
Pour Thomas Faherty, chercheur à l’Université de Birmingham et auteur principal de l’étude, ces travaux mettent en lumière "l’importance de l’axe poumon-cerveau dans les réponses cérébrales à la pollution de l’air". Les chercheurs pensent notamment que certains gaz comme les oxydes d’azote pourraient modifier le flux sanguin cérébral, expliquant ces effets parfois contradictoires.
Même si l’étude porte uniquement sur des effets à court terme, les scientifiques s’inquiètent des conséquences d’une exposition répétée pendant des années, alors que le lien entre pollution chronique et maladies neurologiques, notamment la démence, est de plus en plus documenté.


