- Entre 2021 et 2025, le nombre de signalements de surdose et de complications graves associées à la méthadone a continué d’augmenter, "parfois jusqu’à doubler par rapport à la période précédente de surveillance."
- Une surdose peut conduire à un arrêt cardiorespiratoire voire au décès.
- Or, une grande partie de ces décès peut être évitée par une administration rapide de naloxone dans l’attente d’une prise en charge médicale.
Entre 2021 et 2025, les données issues des enquêtes nationales de pharmacovigilance, d’addictovigilance et des centres antipoison ont révélé une poursuite de l’augmentation des cas rapportés de surdoses et de complications graves en lien avec la méthadone, "parfois jusqu’à doubler par rapport à la période précédente de surveillance", selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Pour rappel, la méthadone est un médicament opioïde indiqué dans le cadre d’un traitement de substitution de la dépendance aux opioïdes (héroïne, morphine, oxycodone, tramadol…). Ce traitement est aussi utilisé pour des douleurs cancéreuses chez les patients qui ne sont pas soulagés par d'autres médicaments opioïdes.
En cas de surdose de méthadone, un arrêt cardiorespiratoire, voire au décès, peut survenir. Pour prévenir cela, seuls certains médecins spécialistes peuvent la prescrire, en utilisant une ordonnance sécurisée et pour une durée limitée. "Cette prescription doit être systématiquement accompagnée de celle d’un kit de naloxone prête à l’emploi." Il s’agit d’un antidote sous forme injectable ou nasale permettant de bloquer temporairement les effets d’une surdose à un opioïde dans l’attente d’une prise en charge médicale. Ce dernier est disponible avec ou sans ordonnance en pharmacie ou en centres de soins spécialisés.
Méthadone : les facteurs susceptibles d’expliquer les surdoses
D’après les enquêtes de vigilance, les surdoses liées à la méthadone apparaissent en raison d’une augmentation trop rapide des doses de méthadone à l’initiation du traitement ou une dose initiale trop élevée. Autre cause : un arrêt brutal ou une réduction trop rapide des doses de méthadone à la fin du traitement. L’ANSM indique que les surdoses sont également provoquées par des prises irrégulières (non-respect de la posologie) et des interactions avec d’autres médicaments (comme les psychotropes, les antidépresseurs les antipsychotiques, les antibiotiques, les antifongiques, les médicaments utilisés dans les troubles digestifs ou certains traitements anticancéreux) pris en même temps. La consommation d’autres substances (alcool, autres opioïdes, cocaïne...) et l’usage détourné de la méthadone favorisent aussi les complications graves.
Comment bien utiliser la méthadone ?
Afin d’éviter le pire et de bénéficier de l’efficacité de la méthadone, l’autorité sanitaire appelle à la vigilance. Dans son récent communiqué, elle rappelle aux patients de :
- Respecter strictement la dose prescrite et parler à un addictologue si la dose prescrite semble insuffisante
- Informer systématiquement son médecin ou son pharmacien de tous les médicaments pris (y compris ceux sans ordonnance ou les compléments alimentaires)
- Signaler tout symptôme inhabituel à son médecin
- Conserver la méthadone dans un endroit fermé à clé hors de la vue et de la portée des enfants
- Ne pas donner sa méthadone à une autre personne
- Éviter les associations à risque (alcool, autres opioïdes, cocaïne…)
- Avoir toujours avec soi de la naloxone prête à l’emploi
En cas de symptômes de surdose, il est indispensable d’utiliser la naloxone et d’appeler le 15 sans attendre.


