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Contamination

Pollution aux PFAS : pourquoi l’Etat français est attaqué en justice

Des associations et habitants de zones contaminées ont saisi la justice pour contraindre l’Etat à agir contre les PFAS, accusés de contaminer l’environnement et la santé humaine.

Pollution aux PFAS : pourquoi l’Etat français est attaqué en justice zimmytws / istock




L'ESSENTIEL
  • Des associations et des riverains attaquent l’Etat pour son manque d’action contre les PFAS.
  • Ces substances chimiques persistantes contaminent l’environnement et le corps humain.
  • Les associations réclament des mesures concrètes et des indemnisations.

Invisible mais omniprésente, la pollution aux PFAS inquiète de plus en plus. Ces substances chimiques, surnommées "polluants éternels", s’accumulent dans l’environnement comme dans le corps humain, notamment via l’alimentation. Mercredi 20 mai, plusieurs associations et des particuliers exposés ont décidé de saisir la justice pour contraindre l’Etat à agir plus fermement.

Des substances chimiques omniprésentes

Les associations Générations Futures, Notre Affaire à Tous et Bloom, accompagnées de six habitants vivant dans des zones fortement contaminées, ont saisi le tribunal administratif de Paris. Leur objectif : faire reconnaître les "carences fautives" de l’Etat face à la pollution aux PFAS. Les requérants demandent notamment l’arrêt des rejets de PFAS dans l’environnement, une meilleure dépollution des eaux destinées à la consommation humaine ainsi qu’une prise en charge des conséquences sanitaires. "Il y a pour nous une double carence, passée par absence d’action et présente par insuffisance d’action", a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, auprès de l’AFP.

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont utilisés depuis des décennies dans de nombreux produits du quotidien : poêles antiadhésives, emballages alimentaires, textiles ou encore cosmétiques. Leur particularité est qu’ils se dégradent extrêmement lentement et s’accumulent dans les sols, les rivières, l’air et l’organisme humain.

Or, certains PFAS sont associés à des risques sanitaires, notamment des troubles hormonaux, des atteintes immunitaires et même certains cancers. Les associations rappellent que les dangers de ces "polluants éternels" sont documentés depuis longtemps. Dès 2008, des rapports parlementaires évoquaient déjà des "risques associés aux PFAS et sur la contamination du territoire national".

Une loi jugée encore insuffisante

Les chiffres sont éloquents : un rapport publié en octobre 2025 par le Haut commissariat au plan sur les politiques de santé environnementale souligne que 24 % des adolescents français présentent des concentrations de PFAS dans le sang supérieures aux recommandations de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. En Allemagne, ce chiffre serait de 18 %, contre seulement 1 % en Espagne.

Face à la montée des inquiétudes, une première loi visant à mieux protéger la population des PFAS a été adoptée en 2024 à l’initiative du député écologiste Nicolas Thierry. Mais pour les associations, les mesures concrètes tardent à arriver et, plus d’un an après la promulgation du texte, certaines de ses principales dispositions ne sont toujours pas appliquées. C’est le cas notamment d’une redevance destinée aux industriels rejetant des PFAS dans l’eau.

Quid des pesticides ?

Dans le même temps, les questions liées aux substances chimiques interdites s’invitent aussi au Parlement. Dans la nuit du 20 au 21 mai, des députés du Rassemblement national, de La France insoumise et des Écologistes ont adopté un amendement visant à interdire l’importation de denrées produites avec des pesticides interdits en France.

Le débat intervient alors que l’association Foodwatch a révélé que 80 % des produits testés en France contenaient des traces de pesticides interdits dans l’Union européenne. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a toutefois dénoncé un texte "contraire au droit européen" et évoqué un possible "faux espoir" pour les consommateurs.

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