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Démence : l'âge de votre corps peut prédire le risque

Une étude britannique montre qu’un âge biologique plus élevé serait associé à un risque accru de démence et à une apparition plus précoce de la maladie. Un dépistage sanguin pourrait ainsi prédire le risque.

Démence : l'âge de votre corps peut prédire le risque Jacob Wackerhausen / istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs britanniques ont étudié les liens entre âge biologique et démence.
  • Les personnes dont l’organisme vieillit plus vite présentent un risque plus élevé de développer la maladie.
  • Un simple test sanguin pourrait un jour aider à détecter les personnes les plus à risque.

Certaines personnes vieillissent plus vite que d’autres, même si elles ont le même âge sur le papier. Et ce n’est pas bon signe : une étude révèle qu’avoir un âge biologique plus élevé que son âge réel augmente le risque de développer une démence, notamment une démence vasculaire. Dans la revue Alzheimer's & Dementia, les chercheurs du King's College London montrent aussi que cette accélération du vieillissement est associée à une apparition plus précoce de la maladie.

Un risque multiplié par dix chez certains patients

Contrairement à l’âge chronologique, l’âge biologique mesure l’état réel de l’organisme. Il est calculé à partir de marqueurs présents dans le sang, appelés métabolites, de petites molécules produites par le métabolisme. Ces substances reflètent le fonctionnement interne du corps et permettent de mesurer le vieillissement biologique.

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont analysé les données de plus de 220.000 participants de la UK Biobank, dont près de 4.000 ont développé une démence au cours du suivi. Les résultats montrent que les individus dont l’âge biologique était nettement supérieur à leur âge chronologique présentaient un risque accru de 20 % de développer une démence. Pour la démence vasculaire, ce risque grimpait même à 60 %.

D’après l’étude, le danger devient particulièrement important lorsqu’un autre facteur s’ajoute : la génétique. Les participants porteurs de deux copies du gène APOE ε4, fortement lié à Alzheimer, et présentant un âge biologique avancé étaient jusqu’à dix fois plus exposés à la démence. Pour les chercheurs, ces deux mécanismes semblent agir indépendamment, ce qui laisse penser qu’il existe plusieurs voies biologiques menant à la maladie.

Vers un dépistage sanguin plus précoce ?

Les scientifiques estiment que ces "horloges biologiques" pourraient devenir des outils précieux pour repérer plus tôt les personnes à risque. "Comme les horloges basées sur le plasma sanguin sont faciles à déployer et peu invasives, elles pourraient être utilisées dans le cadre d’un dépistage à la quarantaine ou à la cinquantaine", explique le Dr Julian Mutz, auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

Même si l’âge reste le principal facteur de risque, les chercheurs rappellent que la démence n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement : jusqu’à 45 % des cas pourraient être retardés ou évités grâce à une meilleure prévention des facteurs de risque.

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