- Chez les personnes atteintes d'obésité, en surpoids ou atteintes de diabète de type 2, les médicaments analogues du GLP-1 réduisent la fréquence des crises d'asthme.
- Ces traitements contre l'obésité diminuent aussi la fréquence d'utilisation des bronchodilatateurs.
- Les bienfaits de ces médicaments pourraient être liés à la perte de poids, la modulation de l'inflammation des voies respiratoires et l'amélioration des fonctions métaboliques qu'ils engendrent.
L’obésité et l’asthme sont liés. Une nouvelle recherche vient le confirmer : présentée à l’occasion du Congrès européen sur l’obésité, organisé à Istanbul, elle montre que l’utilisation des médicaments analogues du GLP-1 réduit le nombre de crises d’asthme et la fréquence d’utilisation des bronchodilatateurs.
Médicaments anti-obésité : leur prise est associée à une réduction des crises d'asthme
Dirigée par Simon Høj et le Dr Kjell Erik Julius Håkansson, de l'hôpital universitaire de Copenhague, cette recherche est basée sur l’analyse des données d’une cohorte de plus de 27.000 personnes. Il s’agissait de personnes asthmatiques, présentant un surpoids, un diabète de type 2 ou une obésité. Toutes ont été incluses à partir de leur première ordonnance pour un analogue du GLP-1, mais les scientifiques ont collecté leurs données de santé pendant les douze mois précédant le démarrage de ce traitement. "Comparativement à l'année précédant le traitement par agoniste des récepteurs du GLP-1 (GLP-1 RA), ce traitement a été associé à une réduction globale du taux d'exacerbations (les crises d’asthme, ndlr) de 26 %, et de 28 % chez les hommes contre 23 % chez les femmes, concluent-ils. (…) L’analyse a montré des effets similaires chez les personnes asthmatiques présentant un surpoids ou une obésité, ainsi que chez celles souffrant d'asthme et de diabète de type 2 (DT2) : une réduction de 22 % chez les personnes en surpoids ou obèses et de 26 % chez celles atteintes de DT2." L’utilisation des médicaments dits de secours, soit les bronchodilatateurs, a diminué de 14 % au total. Les chercheurs ont aussi observé une diminution des cas de pneumonie et de rhinite allergique.
Quels sont les liens entre l'asthme et l'obésité ?
"Dans le cas de l'asthme, où le surpoids, l'obésité et les dysfonctionnements métaboliques peuvent aggraver les symptômes et entraîner des événements indésirables tels que des exacerbations aiguës, (…) les GLP-1 RA pourraient améliorer la prise en charge de l'asthme grâce à la perte de poids, la modulation de l'inflammation des voies respiratoires et l'amélioration des fonctions métaboliques", notent les auteurs. Ainsi, pour ces spécialistes, il est "fort probable" que la perte de poids contribue de manière significative aux résultats observés. "L’essoufflement est un symptôme fréquent de l’asthme et de l’obésité, et la présence d’un excès de tissu adipeux crée un état pro-inflammatoire général dans l’organisme", poursuivent-ils.
Analogues du GLP-1 : la perte de poids n'est qu'un seul des effets
Les auteurs révèlent également que la diminution de la fréquence des crises peut baisser l'exposition aux corticostéroïdes systémiques, "un traitement courant des crises aiguës d'asthme, administré par voie orale ou intraveineuse". Cela pourrait ainsi réduire les effets indésirables liés à ces traitements comme l'ostéoporose ou l'apparition d'un diabète de type 2.
Pour ces scientifiques, cette étude n'est qu'un premier pas dans la compréhension des effets des traitements contre l'obésité. "Avec l'augmentation de l'utilisation des thérapies par agonistes du GLP-1, les chercheurs découvrent de plus en plus d'effets autres que la perte de poids", relève le Dr Kjell Erik Julius Håkansson.



