- L'OMS a déclaré que l'épidémie d'Ebola en RDC est une urgence sanitaire publique de portée internationale.
- Au moins 80 décès et 246 cas sont suspectés.
- La souche responsable de l'épidémie est Bundibugyo. Elle a un un taux de létalité très élevé et pas de vaccin.
Le virus Ebola fait des ravages en République démocratique du Congo. Alors que le nombre de cas et de décès suspects augmentent, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a décidé de déclencher l’urgence de santé publique de portée internationale ce 17 mai 2026, le deuxième niveau d'alerte internationale le plus élevé de l’agence.
Ebola en RDC : au moins 80 décès suspectés
Dans un communiqué, l’OMS confirme avoir identifié 8 cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 décès potentiels dans la province d’Ituri. Un autre cas a aussi été confirmé à Kinshasa et un décès à Kampala (Ouganda) chez des voyageurs ayant séjourné récemment dans la province congolaise où le virus circule.
Le bilan de l’agence sanitaire de l'Union africaine Africa CDC, présenté samedi, était encore plus important. L’autorité a comptabilisé pour sa part 88 morts et 336 cas suspects.
Un des éléments inquiétants de cette épidémie est le variant d’Ebola mis en cause. Il s’agit de la souche Bundibugyo. Contrairement au virus Ebola-Zaïre, Bundibugyo "n'a pas de vaccin et n'a pas de traitement spécifique", a expliqué le ministre de la Santé congolais Samuel-Roger Kamba lors d'une conférence de presse. Il a ajouté ensuite "avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu'à 50 %".
Une situation extrêmement préoccupante
"Le nombre de cas et de décès que nous constatons en si peu de temps, combiné à la propagation dans plusieurs zones sanitaires et désormais au-delà de la frontière, est extrêmement préoccupant", prévient Trish Newport, responsable du programme d'urgence de Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué. D’autant plus que le foyer de l’épidémie se situe dans une zone difficilement accessible pour les autorités sanitaires notamment en raison de violences armées. Par ailleurs, il y a aussi d'importants mouvements de populations liés à l’activité minière de la région.
"Nous ne disposons pas de vaccin, ce qui veut dire que nous comptons essentiellement sur les mesures de santé publique" comme le respect des gestes barrières et la limitation des déplacements, a rappelé Jean Kaseya, patron de l'Africa CDC.
Jusqu'à maintenant, la souche Bundibugyo n’avait été liée qu’à deux épidémies : la première en Ouganda en 2007 (42 décès sur 131 cas confirmés) puis en RDC en 2012 (13 décès sur 38 cas confirmés).


