- Le bisphénol A endommage les spermatozoïdes en réduisant leur nombre et leur mobilité.
- Chez le rat, le parabiotique FK-23 aide à réduire les effets néfastes du polluant.
- L'effet bénéfique du FK-23 doit être vérifié chez l'humain.
De nombreux travaux ont mis en garde contre les effets délétères du bisphénol A (BPA) sur la fertilité masculine. La substance utilisée dans les matières plastiques peut endommager les spermatozoïdes en réduisant leur nombre et leur mobilité. Jusqu’à maintenant, réduire l’exposition aux polluants au maximum était le seul moyen connu pour préserver le sperme. Toutefois, les chercheurs de l’université d’Osaka (Japon) ont découvert que les parabiotiques – une classe de suppléments à base de cellules bactériennes traitées thermiquement – pouvaient aider à contrecarrer les dommages causés par les BPA.
Leurs travaux ont été présentés dans Journal of Functional Foods en mars 2026.
Le FK-23 réduit les effets néfastes du bisphénol A
La chaleur, utilisée pour façonner les parabiotiques, empêche les bactéries de se reproduire sans détruire les structures cellulaires qui stimulent le système immunitaire et la flore intestinale. Ces compléments alimentaires sont ainsi "biologiquement actifs" et sans danger pour la consommation. L’équipe japonaise s’est plus particulièrement intéressée au paraprobiotique dérivé de la bactérie lactique Enterococcus faecalis, connu sous le nom de FK-23.
Pour vérifier les effets du FK-23, les chercheurs ont tout d’abord exposé des rats au BPA. Ces derniers ont présenté une réduction significative de la mobilité de leurs spermatozoïdes et une augmentation des marqueurs suggérant un stress oxydatif.
Les scientifiques ont ensuite donné aux rongeurs du FK-23. Résultat après deux semaines de prise du parabiotique : leur mobilité spermatique s’est améliorée malgré l’exposition au BPA, et les marqueurs de stress oxydatif ont été nettement réduits.
Paraprobiotique et infertilité : des travaux supplémentaires nécessaires
"Ces résultats suggèrent que des composants issus des bactéries lactiques exercent un effet protecteur contre la toxicité reproductive causée par des substances chimiques environnementales", souligne dans un communiqué le professeur Yukiko Minamiyama qui a dirigé l'étude. Ainsi, pour l’expert et ses collaborateurs, le FK-23 pourrait constituer "une intervention diététique protectrice potentielle contre les toxiques environnementaux qui altèrent la fertilité masculine".
Toutefois, il reconnaît que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour découvrir "les mécanismes sous-jacents liés au microbiote intestinal" ainsi qu'à valider ses effets sur la fertilité humaine.


