- La combinaison de sildénafil (Viagra) et de tamoxifène peut ralentir le développement de la maladie de La Peyronie.
- 43 % des patients ayant pris cette association ont connu une amélioration de la courbure de leur pénis.
- Un des avantages de cette piste thérapeutique est que ces médicaments et leurs effets sont déjà bien connus.
La maladie de La Peyronie se caractérise par une courbure de la verge liée au développement d’une fibrose des corps caverneux. Bien que ce trouble touche tout même près de 10 % des hommes, les traitements sont assez limités (chirurgie, injections de vérapamil, de glucocorticoïdes puissants ou de collagénase, thérapie par ultrasons) et contraignants. Toutefois, des chercheurs d’Anglia Ruskin University (ARU) ont découvert une nouvelle option. L’association de deux classes de médicaments dont l’un est le viagra, stoppe la progression de la maladie de La Peyronie.
Une courbure du pénis réduite pour 43 % des malades
Afin de tester une nouvelle voie thérapeutique, les scientifiques ont réuni 133 hommes atteints de la maladie de La Peyronie aiguë. Il leur a été demandé de prendre une combinaison d'inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) comme le sildénafil (Viagra) avec des modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM) comme le tamoxifène pendant 3 mois. Des travaux précédents avaient en effet démontré que prises ensemble ces substances pouvaient empêcher le développement de fibrose.
Les dossiers des volontaires ont été comparés à ceux de patients ayant reçu les soins non-chirurgicaux standards pour ce trouble. C’est-à-dire l'administration de vitamine E ou l'absence de traitement.
Résultat : 43 % des volontaires ayant reçu le traitement combiné ont constaté une amélioration de la courbure du pénis, soit près de trois fois plus que dans le groupe de soins standard (15 %). Par ailleurs, au début de l’essai, 65 % d’entre eux confiait avec des douleurs lors des érections. Après la prise des médicaments prescrits pendant 3 mois, seulement 1,5 % d'entre eux présentaient encore ce symptôme. À titre de comparaison, la prévalence de la douleur dans le groupe recevant les soins standards est passée de 50 % à 27 %.
Viagra, tamoxifène : des médicaments déjà bien connus des médecins
Les auteurs de l’étude publiée dans la revue The Journal of Sexual Medicine, se félicitent de leur découverte et de ses implications. "Ces résultats suggèrent qu’une intervention précoce ciblant la fibrose pourrait changer la façon dont nous traitons la maladie de La Peyronie. Le repositionnement de médicaments existants pourrait nous permettre de passer de la gestion des symptômes à la modification de la maladie elle-même", explique Pr Selim Cellek de l’ARU dans un communiqué. "Étant donné que les inhibiteurs de la PDE5 et les SERM sont déjà largement utilisés en pratique clinique et présentent des profils de sécurité établis, cette approche pourrait être facilement adoptée si elle était confirmée par des études de plus grande envergure", ajoute-t-il.



